124 professionnels mettent en garde contre les « médecines alternatives »

Bien sûr, on peut en (sou)rire mais les « médecines parallèles » ou « alternatives » à la « médecine traditionnelle » tuent, et pas que des anonymes, en plus d’être une véritable menace pour certains animaux protégés. Et cela, le grand public ne le sait souvent pas. Mardi 20 mars dans Le Figaro, 124 professionnels de la santé ont donc signé une tribune qui « [alerte] sur les promesses fantaisistes et l’efficacité non prouvée des médecines dites alternatives comme l’homéopathie ». Ce collectif demande notamment l’exclusion de ces disciplines ésotériques du champ médical.

« Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques »
Il rappelle tout d’abord que « le Conseil de l’ordre des médecins est chargé de veiller à ce que ses membres n’utilisent pas leur titre pour promouvoir des pratiques dont la science n’a jamais pu prouver l’utilité, voire qui présentent une certaine dangerosité », qu’il « doit veiller à ce que les médecins ne deviennent pas les représentants de commerce d’industries peu scrupuleuses » et « sanctionner ceux ayant perdu de vue l’éthique de leur exercice ». Les signataires s’étonnent ensuite qu’ « en 2018, [il] tolère des pratiques en désaccord avec son propre Code de déontologie et [que] les pouvoirs publics organisent, voire participent, au financement de certaines de ces pratiques ».

Dans leur ligne de mire, « l’homéopathie » qui, « comme les autres pratiques qualifiées de ‘médecines alternatives’, n’est en rien scientifique » (non, l’homéopathie ne protège pas de la grippe, tout ça, c’est dans votre tête !). Mais aussi la mésothérapie ou encore l’acupuncture. « Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques » écrivent-ils avant de rappeler qu’ « en septembre 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes a publié un rapport confirmant l’absence de preuves de l’efficacité de l’homéopathie ». « Dans la plupart des pays développés, les médecins se voient interdire de prescrire des produits homéopathiques », ajoutent-ils.

« Elles s’appuient sur une défiance de fond vis-à-vis de la médecine conventionnelle »
Ces thérapies dites « alternatives » sont « dangereuses, car elles soignent l’inutile en surmédicalisant la population et en donnant l’illusion que toute situation peut se régler avec un ‘traitement’ et s’appuient sur une défiance de fond vis-à-vis de la médecine conventionnelle comme le montrent les polémiques injustifiées sur les vaccins ». De plus, « leur usage retarde des diagnostics et des traitements nécessaires avec parfois des conséquences dramatiques, notamment dans la prise en charge de pathologies lourdes comme les cancers« .

Elles sont également « coûteuses pour les finances publiques » :

Des formations sont assurées dans des structures recevant de l’argent public. Des consultations sont ouvertes dans des hôpitaux, aux dépens d’autres services. Certains de ces traitements sont pris en charge par l’Assurance-maladie, largement déficitaire. Ainsi, les produits homéopathiques peuvent être remboursés à 30 % (et jusqu’à 90 % en Alsace-Moselle) avec un statut dérogatoire les dispensant de prouver leur efficacité. Ceci finance une industrie prospère dont les représentants n’hésitent pas à insulter gravement ceux qui les critiquent («Il y a un Ku Klux Klan contre l’homéopathie», accusait le président du leader mondial du secteur, Christian Boiron, dans le journal Le Progrès du 15 juillet 2016) ou à balayer d’un revers de main les exigences de preuves scientifiques.

Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Nous si : le bio et ses multinationales

email
Commentaires
  1. Anton Suwalki
  2. JG2433
  3. Zygomar