« Il n’y a pas de pesticide dans le bio » : Géraldine Woessner (Europe 1) cloue le bec à Michel-Edouard Leclerc

« Même si peu de Français le savent, il y a des pesticides dans le bio, qui doit aussi lutter contre les ravageurs. 106 substances phytosanitaires sont homologuées en France pour l’agriculture biologique, cela représente un pesticide sur cinq. La différence avec l’agriculture conventionnelle, c’est qu’ils doivent être de source naturelle. Pas de molécule de synthèse, donc. Mais naturel, ça ne veut pas dire sans danger. On parle de principes actifs qui tuent les insectes, les champignons. Sur 68 000 tonnes de produits phytosanitaires vendues en France l’an dernier, 27% étaient autorisées pour l’agriculture bio. Les plus gros volumes concernent les fongicides, comme le souffre, les dérivés du cuivre, très utilisés. Ils sont indispensables pour lutter contre le mildiou de la vigne, par exemple, ou de la pomme de terre. Mais ils posent de vrais problèmes : le cuivre, c’est un métal lourd qui s’accumule dans les sols, détruit la biodiversité. Le Danemark l’a interdit mais en France, terre de vignes, on ne sait pas encore par quoi le remplacer. Il y a aussi des micro-organismes, des phéromones, qui perturbent le comportement sexuel des insectes, ou des huiles végétales dont certaines sont des perturbateurs endocriniens avérés comme l’huile de neem, des insecticides comme le spinosad dangereux pour les abeilles, bref, 21 substances bio ont un facteur reconnu de toxicité. (…) La dernière grande enquête de l’Efsa (l’agence européenne de sécurité alimentaire) a relevé des traces de 140 pesticides dans les produits bio qu’elle a analysés en 2015. 0,7% des produits dépassaient la limite résiduelle autorisée contre 1,7% des produits issus de l’agriculture classique. »

Évidemment, tout n’est pas parfaitement exact dans les propos de Géraldine Woessner ! Les « pesticides de synthèses » ne sont pas forcément plus puissants que leurs homologues biologiques, l’effet cocktail reste encore à démontrer, etc. Mais cette chronique est une réponse claire et argumentée non seulement à la grande distribution mais aussi à la propagande de Générations Futures :

Source : Europe 1, lundi 26 février 2018

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Commentaires
  1. Anonyme
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