M-M Robin défend « l’interdiction brutale » du glyphosate avec un exemple foireux

Le 1er février dernier, Marie-Monique Robin a été auditionnée par la Mission d’information commune sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Sans surprise, elle a déclaré de façon catégorique : « Moi, dans le débat sur le glyphosate, je l’ai dit publiquement : il faut interdire tout de suite – pas dans 3 ans, 4 ans, 5 ans. » Et pour démontrer que cette interdiction est possible, elle prend comme exemple l’interdiction des CFC qui avait été décidée dans les années 80 afin de résoudre le problème du trou dans la couche d’ozone. Elle explique ainsi : « Moi, je cite souvent une très belle réussite de la communauté internationale dans le cadre d’un grave problème environnemental. Je vous rappelle, c’est les CFC, les gaz qui déchiraient (sic) la couche d’ozone. (…) En fait, c’est l’interdiction brutale qui a permis la recherche rapide d’alternatives et leur généralisation. Les CFC, c’est l’interdiction qui a permis… ils ont trouvé très rapidement des alternatives. »

Toutefois, comme à son habitude, MMR simplifie les choses à outrance : on interdit du jour au lendemain un produit chimique méchant pour la planète, on trouve une alternative et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Evidemment, le monde selon Marie-Monique Robin ne correspond pas à la réalité. Car si le Protocole de Montréal a en effet interdit les CFC en septembre 1987, cet accord international n’est entré en vigueur qu’en janvier 1989. De plus, il ne s’agissait pas d’un arrêt brutal, comme MMR le souhaite pour le glyphosate, mais progressif. Le Protocole exigeait des pays signataires de ramener leur production et leur consommation de CFC aux niveaux de 1986 pour juillet 1989 et prévoyait ensuite une réduction de 20 % pour 1993, et l’atteinte des niveaux correspondant à 50 % de ceux de 1986 pour 1998. En France, l’élimination totale des CFC est effective depuis 2001 et, pour les pays en développement, depuis 2010.

Mais ce n’est pas tout ! Les CFC ont principalement été remplacés par un autre composé chimique – les HFC – qui poserait aussi un problème pour Mère Nature. En effet, les HFC sont des gaz à effet de serre 14.000 fois plus puissants que le CO2. Ce qui a incité 200 Etats réunis à Kigali (Rwanda) à acter en octobre 2016 l’élimination des gaz HFC d’ici trente ans, en 2047. Bref, là encore, on est loin d’une interdiction brutale !

Sources

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5493687_5a72c767d64c7.utilisation-des-produits-phytopharmaceutiques–auditions-diverses-1-fevrier-2018

https://ici.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/kyoto/protocole_montr.html

https://www.consoglobe.com/interdiction-hfc-decision-historique-pour-planete-cg

https://www.encyclo-ecolo.com/HFC

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/climat-un-accord-historique-pour-eliminer-les-gaz-hfc-trouve-a-kigali-au-rwanda_1874037.html

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