Les subtils « a-priori » de la député Élisabeth Toutut-Picard

C’est fou ce qu’on apprend des a-priori des députés en écoutant les auditions de la Mission d’information commune sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Prenons la député Élisabeth Toutut-Picard, présidente de la mission :

A-priori 1 : « les agriculteurs se retrouvent prisonniers de techniques qui ont fait intervenir la chimie de façon devenue outrancière dans l’histoire des pratiques des cultures ».

C’est méconnaître les agriculteurs et surtout les prendre pour des abrutis ! Un producteur est libre d’utiliser la technique qu’il souhaite. D’être bio ou pas. D’utiliser du glyphosate ou non. D’utiliser des semences de fermes ou d’acheter des semences certifiées.

Un producteur est beaucoup plus libre dans ses pratiques qu’un fonctionnaire de l’Assemblée qui est obligé d’utiliser le pack-office Microsoft !

A-priori 2 : «  On a voulu industrialiser le monde agricole. Pour augmenter la productivité. Ça a eu des conséquences terribles sur la population agricole, sur le nombre d’agriculteurs, sur le découpage des paysages, sur le remembrement. Il y a eu beaucoup d’erreurs qui ont été faites ».

Répondons à ce subtil a-priori par une question : « A partir de quelle taille une exploitation bascule-t-elle dans l’industrialisation ? »

De 20 à 30 porcs. De 30 à 100 vaches ? Un comble : la député pourfend la notion même de productivité. Le passage de 20 à 30 porcins a sans doute permis dans les années 70 à une famille d’agriculteurs d’avoir l’eau courante par exemple. Le nombre d’agriculteurs a certes diminué. On peut le regretter mais on ne peut rêver, à la manière d’un Jean-Luc Mélenchon, à un retour massif des citadins à la terre. Elisabeth Toutu-Picard le souhaite-elle ?

A-priori 3 : au sujet des pesticides, « s’il y avait des empoisonneurs, c’est qu’il y a eu du poison. Il y a eu des choix d’autoriser ce poison ». Ho, la belle accusation qui remet en cause le travail des chercheurs et de l’ensemble du personnel des agences indépendantes comme l’ANSES, des fonctionnaires des différents ministères. Madame le député ne devrait pas créer d’amalgame et parler ainsi de poison. Si les mots ont encore un sens, qu’elle précise sa pensée.

A-priori 4 : « nous (les députés, NDLR) ne sommes pas dans un esprit d’accusation. Nous venons pour voir avec vous (les agriculteurs NLDR). C’est vous qui avez la solution ». On croirait entendre un discours syndical de la FNSEA. Il est de bon ton de laisser croire que les producteurs ont la solution. Sauf que dans la réalité vraie, si les agriculteurs font très souvent preuve d’astuces pour utiliser moins de phytos et mettre en place des itinéraires techniques créatifs, les solutions techniques viendront des instituts techniques, en lien avec les firmes. Pardon, là, je crois que j’ai utilisé le gros mot « firme »… En clair, on veut nous faire croire, que les agriculteurs ou même l’INRA trouveront des solutions pour remplacer les phytos. Cela révèle soit une grande incompétence soit un doux mensonge.

Souhaitons que les députés retrouvent le contact avec le réel et sortent de leurs a-priori !

On peut toujours rêver…

 

Source :  http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5392390_5a5dee80e9490.utilisation-des-produits-phytopharmaceutiques–mmes-celine-imart-et-claire-cannesson-jeunes-agricu-16-janvier-2018

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Commentaires
  1. Alzine
    • Ernst
      • jG2433
        • Visor