Électrosensibilité : en pleine dérive, le Pr Belpomme inquiété par l’Ordre des médecins

Le Pr Dominique Belpomme sur le plateau d’une web-télé dite de « réinformation », TV Libertés, où il drague les milieux « droitards »…

Dominique Belpomme refait parler de lui : âgé de 74 ans, le cancérologue « controversé » (Ouest-France), connu pour son manque de rigueur, son double langage* et ses fréquentations très à droite, est visé par une procédure disciplinaire de l’Ordre des médecins.

En effet, récemment spécialisé dans la « médecine environnementale » (sic), il pose des diagnostics d’électro-hypersensibilité qui ne reposent sur aucune donnée scientifique validée, signale Le Figaro du 31 janvier. Une plainte a été déposée contre lui en mars 2017 devant la chambre disciplinaire de première instance d’Île-de-France suite à deux manquements en lien avec le diagnostic par le Pr Belpomme du « syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques », non reconnu par la communauté scientifique et médicale, révèle APMnews.

« C’est l’ancien directeur du service des études médicales d’EDF, le Dr Jacques Lambrozo, qui, face à l’afflux de certificats médicaux de ‘contre-indication à la pose’ de compteurs Linky, a donné l’alerte. En effet, parmi la centaine de certificats reçus entre 2015 et 2016 par EDF, la moitié a été signée de la main du Pr Belpomme » raconte Le Figaro. En effet, l’individu assure des consultations de « médecine environnementale » à la clinique Alleray-Labrouste à Paris, et délivre à ses clients qui imputent leurs problèmes de santé aux champs électromagnétiques des certificats médicaux attestant d’un « syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques » (un terme qu’il est le seul à utiliser et qui ne s’appuie sur aucune publication scientifique).

Plusieurs centaines d’euros le « diagnostic ». « Les patients qui consultent le Pr Belpomme ont intérêt à avoir le portefeuille bien garni » ironise le quotidien car « en plus du coût de la consultation (120 euros, dont 80 sont remboursés par la sécurité sociale), les patients sont invités à réaliser une prise de sang moyennant 450 euros ainsi qu’une « tomosphygmographie ultrasonore cérébrale », dont le coût s’élève à 250 euros. » Pas de quoi décourager les crédules, malheureusement : « contacté par Le Figaro, le secrétariat du médecin a indiqué que ce dernier ne prenait plus de patients supplémentaires depuis un long moment et que la liste d’attente noircissait pas moins de 8 pages ! »

Il est reproché au Pr Belpomme « l’absence d’individualisation du diagnostic (les certificats qu’il produit sont tous les mêmes) et le recours à des examens médicaux dont l’intérêt n’a jamais été prouvé », à savoir la tomosphygmographie ultrasonore cérébrale.

Alors que l’électro-hypersensibilité n’a pas de diagnostic médical, le Pr Belpomme avait tenté de démontrer l’existence d’un lien entre l’électro-hypersensibilité et les ondes électromagnétiques. Sans succès, lisez plutôt :

(ses) travaux ont donné lieu à une publication dans le journal Reviews on Environmental Health en 2015. Mais l’Anses, qui en fait une analyse, a soulevé de très nombreux biais dans la méthodologie: plusieurs centaines de patients ont été écartés de l’étude sans qu’aucune explication ne soit fournie, absence de groupe contrôle et d’information sur les méthodes utilisées, erreurs dans les calculs, etc. « L’article de Belpomme et al. (2015) ne permet en aucun cas d’établir un lien entre une anomalie quantitative des biomarqueurs analysés et l’origine des symptômes », avait asséné l’Anses.

« Certes, cet article montre que les sujets inclus dans l’étude présentent des anomalies biologiques, mais en aucun cas il n’explique la causalité de leurs troubles, poursuit le rapport. Pour toutes ces raisons, les résultats et les conclusions de cette étude ne sauraient être utilisés, autrement que comme pistes de recherches à explorer ou éléments à répliquer par d’autres études ».

Face à ces zones d’ombre, l’Agence sanitaire avait sollicité le Pr Belpomme à trois reprises afin d’obtenir un éclairage complémentaire. Mais celui-ci n’a jamais souhaité répondre aux questions qui lui étaient adressées.

Pour l’heure, ni l’OMS, ni l’Académie nationale de médecine, ni l’Anses ne reconnaissent l’existence d’un lien entre les divers symptômes que les individus touchés attribuent à l’exposition aux ondes électromagnétiques et lesdites ondes. L’Anses a toutefois commandé une étude sur l’effet des champs électromagnétiques chez les riverains d’antennes-relais. Ses résultats devraient être publiés à la fin de l’année 2018.

*Quand le professeur est confronté à ses pairs comme ce fut le cas lors d’un débat contradictoire en juin 2004 à l’Académie de médecine, il tient des propos plus prudents que d’habitude. Il reconnaît à cette occasion que ce « nouveau paradigme scientifique liant cancer et environnement […] n’est encore que du domaine de l’intime conviction scientifique », admettant que « le cancer n’est certainement pas un bon marqueur » en ce qui concerne la pollution… Un comble quand on sait que l’augmentation du nombre des cancers est l’argument principal du Pr Belpomme auprès du grand public pour affirmer l’impact de la pollution sur la santé !

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Commentaires
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