Homard : la Suisse cède face aux animalistes

Plonger le homard dans l’eau bouillante et le placer sur de la glace ou en état de réfrigération pour les transports tant qu’il est vivant est désormais interdit en Suisse, ce au nom du bien-être animal. Il est désormais obligatoire d’étourdir avec des décharges électriques l’arthropode avant de le tuer ou de lui détruire mécaniquement le cerveau. De quoi susciter le scepticisme de Jean Côté, biologiste et directeur scientifique du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie (Québec). « Ça me fait rire quand on compare l’humain à un homard, dit-il. Vous savez, le homard, c’est plus proche d’un insecte que d’un humain, d’un chat ou d’un chien. Ça n’a pas un cerveau comme nous, c’est un invertébré, ça a un système nerveux, mais c’est plus un réseau à l’intérieur avec quelques petits ganglions, mais ça ne ressent pas la douleur comme nous. Donc, c’est une mauvaise comparaison. » C’est grâce à ce système nerveux « pas (…) tellement développé » que le homard « peut avoir un réflexe dans un combat, par exemple, de laisser aller un de ses membres pour pouvoir se sauver. Nous, ça nous ferait très mal de nous détacher un bras pour pouvoir nous sauver. Ce n’est pas le cas du homard. » En dépit du bon sens, c’est un nouveau recul (et pas le premier : la Nouvelle-Zélande a déjà légiféré dans ce sens) face aux extrémistes qui parlent au nom des animaux et prétendent défendre leurs intérêts, sans que ces derniers n’aient évidemment rien demandé, justement parce qu’il s’agit d’animaux… et pas d’humains, même si certains humains les considèrent désormais comme des semblables.

Comme le rappelait Libération le 24 juillet 2007, « la science s’est rangée en 2005 du côté de nos papilles en affirmant que le homard ne ressentait aucune douleur » :

A cette époque, dans le cadre d’une loi sur la protection des animaux, le gouvernement norvégien envisageait d’interdire l’utilisation de vers vivants comme appâts pour la pêche. Avant de prendre une décision aussi lourde de conséquences (pour les poissons), il a demandé à l’université d’Oslo de se pencher sur la souffrance des invertébrés. Le professeur Wenche Farstad, de la faculté des sciences vétérinaires, a fait la réponse suivante : le ver que l’on embroche sur un hameçon a l’air de passer un mauvais quart d’heure, mais dans le fond il s’en fout, ce n’est qu’un réflexe. Cet animal possède en effet un système nerveux trop rudimentaire pour souffrir. D’ailleurs coupez-le en deux, et il continuera ses occupations (en double) comme si de rien n’était. Le homard, c’est un peu pareil, sauf que lui, on ne le coupe en deux qu’après la cuisson.

Si le homard a dans les 100 000 neurones, l’être humain en possède 100 milliards. Ceci nous confère de précieux avantages, comme la capacité d’éprouver des chagrins d’amour, de crier quand on se fout un coup de marteau sur les doigts, de calculer son impôt sur le revenu. La vie crustacée est plus simple : le homard plaqué par sa homarde s’en tape totalement, et l’eau bouillante ne lui fait pas peur.

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Commentaires
  1. Pierre-Olivier Combelles
  2. Visor
  3. Anonyme