Vins « bio » et « naturels » : halte aux idées reçues !

Dans son dernier numéro, le mensuel 60 Millions de consommateurs propose une « enquête » éclairante sur « les vins écolos » (sic), c’est-à-dire les vins biologiques, biodynamiques et « naturels » (sic). C’est suffisamment rare pour être signalé et applaudi !

Pesticides synthétiques et produits chimiques naturels
Ces breuvages « ont en commun d’interdire l’usage des produits chimiques de synthèse dans la culture des vignes » même si « le cahier des charges du vin bio, défini au niveau européen, n’exige pas une absence totale de pesticides synthétiques dans le produit final » (il y a cinq ans, le magazine avait déjà constaté que sur onze vins bio analysés, seuls deux ne contenaient aucun des 29 polluants recherchés…) ni d’ailleurs de produits chimiques naturels. « Le consommateur pense que bio veut dire ‘aucun pesticide’, mais à ce jour, c’est impossible en agriculture », estime Alain Carbonneau, professeur émérite en viticulture à Montpellier Supagro, dans les colonnes du magazine. Ainsi, pour lutter contre le mildiou, le viticulteur (bio ou pas) n’a pas le choix et doit utiliser du cuivre, le seul fongicide efficace. En effet, « dans les régions pluvieuses comme la Bourgogne, il est compliqué de s’en passer car l’humidité favorise le développement des champignons ».

Intrans et allergènes
Autre information méconnue du grand public, « au chai, le vigneron bio peut pourtant utiliser – en plus des sulfites – un certain nombre d’intrants » et « la liste est longue » même si « la plupart des substances autorisées sont issues de la matière première du vin, tels les levures ou l’acide tartrique que l’on trouve dans le raisin ». « La plupart »… Sans parler de « quelques allergènes (…) autorisés » dans le bio, « comme les colles à base d’œuf utilisées pour faire tomber les matières en suspension ». Miam !

Moins de goût
Les vins « naturels » (sic) ont un autre problème : « le zéro adjuvant des vins naturels » peut entraîner « une perte de goût » ou plus exactement « une unification du goût alors même que ces vins revendiquent une proximité avec le terroir », explique Axel Marchal, enseignant-chercheur à l’Institut des sciences de la vigne et du vin à l’université de Bordeaux. La faute à « l’absence ou presque d’intervention, qui amène le développement de levures indésirables comme les brettanomyces », celles-là même qui « confèrent au breuvage une odeur de cuir guère séduisante ».

De nombreux autres aléas et une fragilité accrue
Pour conclure, 60 Millions de consommateurs rappelle qu' »acheter un vin bio ou biodynamique n’est pas pour autant une garantie gustative : ils subissent, comme les vins conventionnels, les aléas de la vinification, du stockage, du transport, etc. Et plus encore les vins naturels (sic), que l’absence de soufre rend fragiles ».

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