Quand des perturbateurs endocriniens naturels perturbent un traitement contre le cancer du sein

Avis aux écolos et autres vegans : deux composés présents dans de nombreux aliments comme le maïs, le soja ou les céréales réduisent l’efficacité d’un traitement récemment approuvé pour traiter les cancers du sein hormono-dépendants, révèle une étude californienne. « Les patientes atteintes d’un cancer du sein prenant la combinaison médicamenteuse palbociclib/létrozole devraient envisager de limiter leur exposition aux aliments contenant des xénoestrogènes », avertit-elle dans la revue Cell Chemical Biology. En cause : la zéaralénone et la génistéine. « La première est produite par des champignons dans le sol qui colonisent le maïs, l’orge, le blé et d’autres céréales » résume La Dépêche du Midi. « La zéaralénone a été associée à des malformations congénitales et à un développement sexuel anormal chez les porcs et autres animaux d’élevage et elle est soupçonnée d’avoir provoqué une flambée de développement précoce du sein chez les filles à Porto Rico dans les années 1970 », rappelle l’étude. Quant à la génistéine, « c’est un isoflavone comptant parmi les polyphénols les plus connus, produite dans certaines plantes y compris le soja, agissant comme un perturbateur endocrinien ». « Sa concentration est souvent élevée dans les compléments alimentaires riches en phytoestrogènes », précise l’étude. Qui révèle donc que « même à de faibles doses, comparables à l’exposition alimentaire, (…) les deux xénoestrogènes neutralisent en grande partie ‘l’impact métabolomique de l’association anticancéreuse' ». Résultat : « sous l’influence de l’un ou l’autre des xénœstrogènes, les cellules cancéreuses prolifèrent au même rythme qu’en l’absence de traitement ». De quoi nous rappeler que le naturel n’est pas toujours bon pour l’homme, et que le synthétique a souvent été conçu pour nous faciliter la vie (et même en augmenter l’espérance).

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