Fin de l’exploitation des hydrocarbures en 2040 : Hulot se fiche des écolos

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Effet d’annonce. Le projet de loi sur l’arrêt de la production des hydrocarbures en 2040 présenté par Nicolas Hulot ce mardi à l’Assemblée nationale après son adoption en conseil des ministres le mois dernier fut l’occasion pour notre hélicologiste préféré de rappeler devant les élus de la République que ce texte traduisait un engagement d’Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, c’est-à-dire « sortir » la France des énergies fossiles comme le charbon, le gaz ou encore le pétrole. Ce que ne précise pas le ministre de la Transition écologique et solidaire, c’est que l’exploitation de pétrole ne représente dans notre pays qu’à peine 1% de sa consommation donc que son interdiction revêt un caractère symbolique.

Outre le fait que la loi pourra être changée d’ici-là (c’est l’avantage de voter une mesure qui entrera en vigueur dans 23 ans ! Au pire, les conséquences se feront sentir dans 24 ans, bien après la fin du quinquennat et de la carrière politique de Nicolas Hulot…), elle instaure ni plus ni moins qu’une exclusivité économique territoriale aux producteurs d’hydrocarbures à l’étranger, rendant obligatoire le « circuit long » depuis l’autre bout du monde, forçant donc à brûler plus de pétrole pour amener… plus de pétrole. Je ne sais pas si vous avez saisi la logique, nous pas…

Au nom du groupe LR, Julien Aubert a vivement dénoncé ce texte, le qualifiant avec raison de « non-sens environnemental ». « Il ne provoquera aucune réduction de la consommation d’hydrocarbures dans ce pays et n’aura aucun impact en matière de CO2 », a-t-il affirmé.

Le pire, c’est qu’il mécontente aussi les ONG, mécontentes que les 63 concessions actuelles dont certaines doivent arriver à échéance dès 2019 puissent être finalement renouvelées, à condition de ne pas dépasser la date de 2040. « Pour nous, ce texte était un test de la capacité de Nicolas Hulot à résister à la pression des industriels et à s’imposer dans le gouvernement », s’emporte ainsi Juliette Renaud, des Amis de la Terre. La cohérence dans la bêtise d’ailleurs aurait voulu qu’on interdise les hydrocarbures même étrangers en 2040. Mais là, c’est à la pression des Français qu’il aurait fallu faire face. Impossible alors de dénoncer le grand complot des industriels du pétrole !

L’examen par les députés du projet de loi devrait s’achever jeudi et l’Assemblée devant se prononcer le mardi 10 octobre par un vote solennel sur l’ensemble du texte avant que le Sénat ne l’approuve à son tour en novembre, le gouvernement souhaitant qu’il soit définitivement adopté avant la fin de l’année par le Parlement. C’est vrai, il y a urgence, 2040 approche à grande vitesse ! Ne prenons pas de retard, interdisons aussi la viande française en 2100 pendant qu’on y est !

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Commentaires
  1. Pierre-Ernest

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