Le bio contribuera à nourrir l’humanité (le conventionnel fera le gros du travail)

Le quotidien Les Echos de mardi 12 septembre pose la question : « Le bio pourrait-il nourrir l’humanité ? » Si l’on sent bien que le journaliste Franck Niedercorn aimerait y répondre par l’affirmative, quelques éléments énoncés par l’article lui-même montrent qu’il s’agit bel et bien d’une utopie. Ainsi, des rendements en moyenne « d’au moins 10 à 25% plus faibles » (source : « des dizaines d’études publiées en quarante ans » compilées par « deux scientifiques américains », John Reganold et Jonathan Wachter) ne devraient pas suffire à nourrir les 10 milliards de bouches prévues en 2050, ce que l’agriculture conventionnelle n’aura aucun mal à faire. Pire, « les rendement en blé bio peuvent être inférieurs de 50% à ceux obtenus en agriculture conventionnelle ». Amusant, au passage, que les écolos soient à la fois les premiers à craindre l’insuffisance alimentaire (cf. les malthusiens) et les premiers à souhaiter se passer des progrès permettant justement de nourrir tout le monde et démontant par les faits leurs craintes irrationnelles… Les Echos citent aussi Christian Huyghe, directeur scientifique agriculture de l’Inra, qui s’interroge : « Qu’adviendra-t-il sur une planète dont plus de 75% de la population vivra dans des villes et privilégiera plutôt les circuits de distribution longs, alors que le bio, aujourd’hui, est plus adapté aux circuits courts ? » Franck Niedercorn en arrive même à poser la question de l’avenir du bio, censé, rappelons-le, nourrir un jour toute l’humanité, et mis en péril par la vague vegan qui déferle en Occident : « En Europe, la consommation de viande est en baisse, alors que l’agriculture bio suppose le retour d’une polyculture coexistant avec de l’élevage. ‘Cette baisse de la consommation de viande pourrait mettre l’agriculture bio en tension’, admet Christian Huyghe. Baisse de consommation que Les Echos jugent « souhaitable » (bonjour la neutralité), parce qu’il faut « entre 2 et 5 calories végétales pour produire 1 calorie animale »… Bref, que le bio survive déjà au véganisme et on refantasmera ensuite sur sa supposée capacité à nourrir toute l’humanité. Chez Alerte-environnement, nous pensons pour notre part que le bio a toute sa place, chez ceux qui veulent bien dépenser plus pour des consommables produits différemment (mais pas sans pesticides) et de qualité souvent similaire, parfois supérieure, parfois inférieure (un exemple parmi tant d’autres) tout en prétendant systématiquement (et au moins implicitement, ne serait-ce que par la mention « bio ») être au-dessus du lot conventionnel. Mais nous pensons que cette place se fera aux côté du conventionnel et jugeons nécessaire de combattre les contre-vérités colportées par les militants bios. En effet, ceux-ci ont du mal à exister sans critiquer ou médire sur le conventionnel. Un peu comme les énergies éolienne et solaire sont respectables et ne doivent pas être découragées, à condition d’admettre qu’elles ne suffisent pour l’instant pas à notre mode de vie et qu’elles ont toutes leur place au côté du nucléaire. Vive la diversité, à bas le sectarisme des uns… et des autres !

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Commentaires
  1. Seppi
    • Adrien
      • dom
  2. Dan
    • dom
      • Astre Noir

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