Suppression du glyphosate : un danger pour l’équilibre du marché bio ?

La décision de Nicolas Hulot de s’opposer à la ré-homologation du glyphosate pour dix ans conduit les agriculteurs à monter au créneau pour dénoncer l’aberration agronomique d’une telle interdiction en agriculture. Les producteurs les plus engagés dans la pratique agronomique du « sans labour » jusqu’à ceux qui mettent en œuvre l’agriculture dite de  » conservation » sont les plus remontés. En clair, les professionnels les plus engagés dans l’agroécologie ne comprennent absolument pas la position anti-scientifique du Ministre de la transition écologique. En « off », les agriculteurs ont beau réfléchir à des stratégies d’adaptation, celles-ci ne sont pas légion. Car le glyphosate est en effet une pierre angulaire pour mener les cultures. Si cette brique est supprimée, d’autres vont suivre. De facto, l’ensemble du système de production s’écroule. Pourquoi par exemple mettre de l’engrais sur des cultures qui ne seront pas en capacité d’exprimer tout leur potentiel de production à cause des mauvaises herbes?

Des agriculteurs posent même la question suivante : « on nous demande de produire comme les bios, tout en restant dans le système économique du conventionnel notamment pour les prix. Il faut clairement se poser la question de passer totalement en bio…. Or, l’économie de la bio reposant sur la rareté ou la pénurie, il n’est pas certain que les gens de la bio soient d’accord longtemps de voir arriver ces « opportunistes » (ou ces naufragés !). Un collègue agriculteur rencontré récemment nous disait  » j’ai 54 ans, je n’ai plus trop de charges financières, le gros des investissements est fait. Pourquoi m’embêterai-je ? Je passe au bio et avec les primes je dois pourvoir tenir jusqu’aà la retraite et basta. On verra dans 10 ans. »

. »

email
Commentaires
  1. Trouillard Dominique
  2. Seppi
  3. Daniel

Envoyez votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *