Perturbateurs endocriniens : Stéphane Horel journaliste au Monde montre son incompétence

HorelAprès quelques jours de recul, on peut dire que les ONG et leurs relais médiatiques sont perdus. Les documents publiés jeudi soir en catimini respectivement par les ministres de la Transition écologique et de l’Agriculture (18h pour l’un et 21h pour l’autre, la veille d’un long week-end) sont en effet deux très longues listes de produits suspectés de contenir des substances perturbatrices endocriniennes : la première de produits biocides (14 pages) et la deuxième de produits phytosanitaires (13 pages). Il aura fallu une dépêche AFP publiée lundi en début d’après-midi pour voir les media et les ONG se réveiller de leur torpeur estivale. L’ONG anti-pesticides Générations Futures a en particulier sorti un communiqué lundi soir demandant aux ministères concernés de « publier la liste des matières actives concernées pour qu’on y voit plus clair. » Pour une ONG sensée être experte, cette exigence a de quoi étonner ! Il suffit en effet d’une recherche sur les bases internet pour connaître la composition des phytosanitaires et biocides en question.

Outre de submerger les ONG par des données « indigérables » au premier abord, on note que l’administration a publié aussi une liste de biocides. Cela démontre que les perturbateurs endocriniens suspectés sont partout, coupant ainsi l’herbe sous le pied des ONG qui orientaient jusqu’à maintenant leur com’ uniquement sur la question phyto. Demain, les ONG vont devoir demander l’interdiction de produits bien utiles comme le Xylophéne pour traiter le bois ou les anti-moustiques !  A noter que la méthode pour élaborer la liste de ces produits est issue d’un exercice d’évaluation d’un organisme rattaché à la commission européenne (Joint Research Centre). A l’époque, les ONG n’avaient pas souligné l’impertinence de ce travail, bien au contraire.

Quant aux media, ils sont également perdus. Stéphane Horel, dans un article publié en début d’après-midi ne sait pas trop où donner de la tête. Fustiger Hulot ? Il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Notre journaliste en profite également pour se perdre sur la question de l’évaluation des risques. A propos des substances phytosanitaires conçus pour être des perturbateurs endocriniens, elle écrit :

Les « mesures nationales » annoncées par le gouvernement incluent également la possibilité d’interdire au niveau français pour pallier une exemption imposée par l’Allemagne dans les critères européens. Cette dispense concerne des pesticides conçus pour agir sur le système hormonal de leurs cibles. En d’autres termes : des pesticides faciles à identifier puisque conçus pour être des perturbateurs endocriniens. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Anses, pourrait ainsi être saisie « pour mener une évaluation des risques des produits les plus utilisés contenant ces substances » qui pourrait éventuellement mener à leur interdiction. 

Mais l’« évaluation des risques » correspond en fait à une procédure très précise à laquelle le règlement pesticides de 2009 voulait justement mettre un terme. Plutôt que d’évaluer les produits une fois mis sur le marché et dispersés dans la nature (procédure d’évaluation des risques), il imposait un examen de leur danger en amont (principe d’évaluation du danger). Selon ce règlement, tout pesticide identifié comme PE doit être interdit de marché.

Il semble que les œillères du militantisme aient fait tomber Stéphane Horel dans une erreur de débutante : la procédure d’évaluation des risques existe avant la commercialisation des produits phytosanitaires, et non a posteriori ! On note cependant au passage un progrès : Stéphane Horel admet indirectement l’utilité d’une évaluation des risques alors que le discours des ONG reste figé sur la position suivante : si un produit est potentiellement dangereux, alors il faut l’interdire. Encore un effort et le journal Le Monde aura un discours plus équilibré !

 

 

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Commentaires
  1. yann
  2. Alzine
  3. Zygomar