Le végétarisme n’est pas un humanisme

Véronique Pardo, docteur en anthropologie et responsable de l’Observatoire du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, rappelle dans les pages « opinions » de La France Agricole du 30 juin que « très peu de sociétés ont fait le choix du végétarisme ».

Aucune société n’est totalement végétarienne
Même « en Inde, souvent citée comme exemple, les communautés végétariennes vivent en relation avec des communautés musulmanes qui achètent les animaux, les tuent, les mangent et les commercialisent. Cette relation (…) structure la société indienne, la rend vivable. » Ainsi, « dans quasiment toutes les sociétés, il y a un apport de protéines animales : cela va des larves d’insectes au steak ».

La société omnivore est pluraliste et tolérante
Comme l’explique Véronique Pardo, « le statut d’omnivore est très ouvert, il n’oblige pas à manger de tout. Il permet à des individus de choisir ».

Le véganisme, plus rien à voir avec nos sociétés humanistes
Mais, prévient-elle, « quand on est dans le refus total d’utiliser l’animal (…), on n’est plus seulement dans la sphère alimentaire » mais dans « une rupture historique » observée uniquement dans les sociétés développées « qui n’ont pas de problème pour nourrir leur population », « une sorte de révolte sociale » et même « une entrée en dissidence par rapport au ‘régime alimentaire’ dominant ». Dans ce cas, « la revendication alimentaire fait passer d’autres revendications » qui consistent objectivement en « une prise de position philosophique radicalement différente de l’humanisme ».

L’interdiction de l’élevage comme objectif ultime
Véronique Pardo jugent bien entendu les vidéos diffusées par L214 and Co « intolérables » mais, rappelle-t-elle, ce sont des « cas marginaux » qui « ne représentent pas les pratiques d’élevage ou d’abattage ». Le problème, c’est que « les mouvements animalistes ne supportent pas la mort animale et, par extension, l’élevage ».

Le grand public est manipulé par les animalistes
« Les gestes en abattoir, pour un non initié, peuvent être vus comme violents », explique Véronique Pardo. Par exemple, parmi le grand public, qui sait que, « quand dans une vidéo de l’abattoir de Vigan un abatteur touche du pied un mouton, cela fait partie de la procédure pour vérifier son état de conscience » ? Personne ou presque… S’il faut « une totale transparence », alors « les gestes doivent être expliqués à ceux qui visitent l’abattoir »

Deux visions irréconciliables de la société
« Chez les militants végans, quand on tue un animal, on tue un semblable : il s’agit d’un meurtre. » Leur vision de la société et la nôtre, l’humaniste, sont « irréconciliables », constate la spécialiste.

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