Au secours ! les lobbys ont investi le bureau d’Hulot !

Petit rappel de l’actualité de ces dernières 48h pour ceux qui auraient été coupés du monde :

Lundi matin, RMC révèle un document de travail interministériel daté du 21 juin évoquant la possibilité de supprimer par ordonnance certaines restrictions d’usage des produits phytosanitaires. Trois cas de « surtranspositions » par rapport au droit européen sont évoqués : l’interdiction de la pulvérisation aérienne de pesticides introduit par la loi de transition énergétique de 2015, les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) et l’interdiction des néonicotinoïdes (famille de molécules insecticides).

Interrogé le même jour par RMC, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, confirme sa volonté de revenir sur cette mesure d’interdiction, la loi en question ne se trouvant pas selon lui « en conformité avec le droit européen ». Et prenant exemple des « carottes des sables », il précise : « « Il n’y a pas de substitution pour certains néonicotinoïdes ».

-A 9h30, Nicolas Hulot répond via twitter :

imageS’en suit évidemment une polémique conduite par les media acquis au lobby écolo, avec en tête Générations Futures (François Veillerette), Isabelle Saporta et quelques personnalités politiques comme Delphine Batho et Ségolène Royal.

-En début d’après-midi, coup de sifflet final de la part de Matignon via un communiqué lapidaire : « le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes à partir de septembre 2018 ».

Quelle analyse tirer de ce premier couac agro-environnemental au sein du gouvernement ?

-On a certes changé de gouvernement et « En Marche » n’a eu de cesse de nous répéter « tout va changer » ; les coups bas n’ont pas disparu et ressemblent étrangement à ceux que l’on observait au sein du gouvernement précédent. Qui peut croire que les journalistes de RMC aient trouvé cette note interministérielle « par hasard » ? Qui peut croire que l’intervention de François Veillerette, lundi à 6h40 sur RMC, ne fasse pas parti d’un plan com’ bien orchestré ?

-Au sein du précédent gouvernement, on avait fini par voir un Stéphane Le Foll complètement effacé face à l’ultra médiatique (et incompétente !) Ségolène Royal, les décisions importantes se prenant au ministère de l’environnement. Visiblement, le même schéma se reproduit depuis quelques jours. Pour les mois à venir et notamment les Etats généraux de l’alimentation, ce n’est pas de très bon augure !

– Les hérauts écologistes ont tous dénoncé hier une « offensive » du lobby de l’agro-chimie. Facile mais ça ne tient pas vraiment la route : Rappelons que Stéphane Travert a été nommé le 21 juin dernier et qu’il était un inconnu du monde agricole avant cette date.  Les « lobbys » de l’agro-chimie auraient donc contacté en un temps record le ministre de l’agriculture et l’auraient convaincu du bienfondé de leurs position !

-En revanche, on a assisté à une véritable offensive du Lobby écologiste. En effetn depuis quelques semaines, les associations écolo ont investi le ministère de la « transition écologique ». Et c’est le Monde qui nous l’affirme, pas plus tard qu’hier : « On nous a demandé de ne pas communiquer, de ne pas apparaître durant toute la période législative et encore pendant la période de constitution du nouveau gouvernement », explique un membre du cabinet. Au-delà du code de non-communication imposé par l’Elysée et Matignon à ses ministres, cette réserve éclaire aussi la « méthode Hulot ». « Il met la priorité aux consultations avec les ONG et les différents acteurs de terrain », dit encore ce proche. Président de France Nature Environnement, Michel Dubromel est l’un des témoins de ces consultations à tout va. Les ONG sont conviées à au moins « une ou deux réunions par jour » au ministère, sur des sujets comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les perturbateurs endocriniens, la mer, le climat

-Et les grands oubliés sont …les producteurs. Finalement, dans cette histoire, Stéphane Travert fait juste preuve de bon sens, comme d’ailleurs son prédécesseur Stéphane Le Foll. En citant les « carottes des sables », il renvoie, certes faiblement, aux centaines de milliers d’agriculteurs confrontés à des multiples impasses techniques. Vous remarquerez qu’entre les discours d’Isabelle Saporta, de François Veillerette, on n’a pas entendu beaucoup de producteurs hier. Normal, ils bossent, notamment pour pallier les conséquences désastreuses de décisions déconnectées du terrain.

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