« Manger sain : info ou intox ? » : surtout une intox de France 5

France 5 n’a pas honte de proposer ce soir une rediffusion : « Manger sain : info ou intox ? ». Déjà diffusé en 2013, le reportage est non seulement périmé mais enfume les esprits. Au menu : informations erronées et méthodes peu scrupuleuses.

Pour réaliser un reportage-« marchand de peur », reprenons les ingrédients utilisés :

  • Un ton et une sémantique anxiogène. Certes, la voix off est policée (comme dans Envoyé Spécial. D’ailleurs, on se demande si les boites de production ne se refilent pas la même voix off !). Donc, tremblez brave gens : vos aliments seraient « contaminés ». Attention, vous seriez même « empoisonnés ».
  • Une musique peu rassurante. Dès qu’il est question d’analyse de pesticides, musique ! Histoire de créer une  ambiance.
  • Le recours à la caméra cachée. ça permet de faire croire qu’il y aurait des pratiques cachées chez les agriculteurs. Sauf que le paysan piégé dans le reportage est très accueillant et accepte volontiers de faire visiter son verger. Mais virez-moi cette boite de production qui ose ainsi recourir à des pratiques qui déshonorent le métier de journaliste!
  • Des voisins soigneusement choisis. Ils sont apparemment sympathiques et témoignent de l’épandage qui empoisonne leur vie. Sauf qu’on ne vous dit pas que les sympathiques voisins ne supportent pas le monde agricole en général. Ben oui, Christina Sainte Marie et André son conjoint – puisque c’est d’eux dont il s’agit – sont des néoruraux du genre à ne pas aimer non plus les bouses de vache sur les routes ( si, si ). Ils se sont déjà illustrés dans le passé en s’acharnant contre un jeune arboriculteur de 26 ans, l’accusant d’avoir traité son verger par vent fort. Ils l’ont trainé devant les tribunaux. L’arboriculteur a heureusement obtenu un non lieu. Ils font parti du réseau des militants anti pesticides.
  • Un médecin. Mais le Docteur Périnaud qui alerte sur les maladies dégénératives liées aux pesticides est en fait un ancien candidat d’EELV.
  • Un bon client médiatique et des études bidons. En l’occurrence François Veillerette. C’est vrai qu’il est parfait pour analyser les résidus de pesticides. Il a le ton qu’il faut. Calme, posé. Avec son agence de communication, pardon son ONG Générations Futures, il ne cesse de mener des enquêtes sur les pesticides. Ces études ne valent pas grand-chose sur le plan scientifique et il l’écrit* : « les résultats contenus dans ce dossier nont pas de valeur statistique significative au regard du nombre déchantillons analysés mais sont illustratifs de la problématique traitée ». Mais c’est un bon client . Il fait peur comme il faut.

Au fait, a-t-on raison d’avoir peur ? Car c’est la seule question qui vaille.

Reprenons les propos François Veillerette dans le reportage : les résidus de pesticides sont en dessous des limites maximales de résidus. En clair : circulez, il n’y a rien à voir.

Consommateurs, vous pouvez manger sans crainte des aliments made in France. Vous pouvez être fiers des paysans de nos terroirs qui se font piéger par de pseudos journalistes. Ne nous laissons pas enfumer par ces boîtes de production qui vendent à prix d’or leur reportage à France télévision ; cette dernière les rediffusant grâce à l’argent des contribuables. Au fait, cher contribuable, on vous remercie d’avoir ainsi financé un sujet qui flingue l’agriculture française…

 

*sources :

  • Etude générations Futures : « l’exposition aux pesticides chez les salariés viticoles et les riverains vivant au cœur des vignes du Bordelais », rendue publique mardi 19 février 2013. P4
  • Enquête EXPPERT 1 – Exposition aux Pesticides PERTurbateurs Endocriniens – 20 mars 2013

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Commentaires
  1. douar
  2. Visor
    • Alzine
  3. Alzine

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