Alerte au savon bio qui fait pousser les seins des petits gars !

savon bio

C’est ainsi qu’auraient titré certains grands marchands de peur si le paraben avait été en cause. Au hasard d’une enquête sur les cosmétiques pour Les jours, le journaliste indépendant Erwan Seznec est tombé sur un papier intitulé « Faire soi-même ses produits de beauté », daté du 6 janvier 2017, sur le site du quotidien La Croix. Il donne notamment la parole à Ania qui confie « C’est parce que j’avais la peau très sensible et que je ne supportais plus d’acheter des produits chers et peu efficaces que j’ai décidé de fabriquer moi-même mes crèmes » sans substances cancérigènes et autre parabens pointés du doigt depuis quelques années. Le journaliste synthétise ainsi le discours classique en vogue : « Les industriels nous empoisonnent, reprenons notre consommation en main. » Mais l’auteur de l’article précise un peu plus loin : « Attention toutefois aux huiles essentielles. Elles peuvent être photosensibilisantes et ne s’utilisent pas pures, à l’exception de l’arbre à thé et de la lavande. » Sauf que « l’arbre à thé dont on tire une huile essentielle n’a rien à voir avec le théier, il s’agit en réalité du mélaleuca australien », précise sur son blog Erwan Seznec. « Son huile essentielle peut causer des irritations cutanées. Et en association avec la lavande, elle pourrait former un puissant perturbateur endocrinien. C’est du moins ce que suggérait un article publié dans le New England journal of Medicine en 2007. Il rapportait des cas de croissance des seins chez trois garçons prépubères, lavés régulièrement avec des savons bio à la lavande et à l’arbre à thé (« lavender and tea tree oils ») » continue-t-il… Alors, bien sûr, « trois cas seulement, c’est trop peu pour conclure » et si « des études postérieures ont mis en évidence un effet hormonal in vitro des huiles essentielles de lavande et d’arbre à thé », « la plupart des travaux réalisés sur ce sujet depuis 2007 tendent à innocenter les cosmétiques, où les huiles essentielles sont fortement diluées ». Une synthèse en anglais pour le grand public datant de 2016 est disponible ici. Et Seznec de conclure : « Globalement, le dossier d’instruction en est à peu près au même point que celui des parabens : des suspicions, des études préoccupantes… Rien de probant; mais quand même assez pour faire, sur les parabens, des titres aussi stupidement anxiogènes que celui de cet article… »

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Commentaires
  1. Daniel
  2. Pierre-Ernest
  3. Albatros
    • jG2433