Pesticides dans les tisanes : une désinformation majeure

L’article est intitulé « Des pesticides dans nos tisanes ! » alors que le prétexte à sa sortie est une concentration importante d’alcaloïdes pyrrolizidiniques détectée par l’association de consommateurs allemande Warentest dans un lot de camomille Kusmi Tea et dénoncée mardi 17 janvier dans son journal. Tant pis si les alcaloïdes pyrrolizidiniques ne sont pas des pesticides, c’est l’occasion pour Nathalie Lamoureux, journaliste et marchande de peur au Point, de s’en prendre à ses derniers dans la foulée.

Dans la tempête, le directeur général de Kusmi Tea France, Arnaud Fleury, tente de rappeler que « les alcaloïdes détectés dans la camomille sont présents naturellement dans de nombreuses plantes sauvages récoltées en même temps que la fleur et ne font l’objet, aux dires mêmes de la fondation Warentest, d’aucun seuil maximum légal dans les produits alimentaires. Il n’existe en effet aucun consensus scientifique sur le taux de nocivité de ces alcaloïdes. À ce jour, seules des recommandations existent et la camomille Kusmi Tea est bien en deçà du seuil maximal préconisé actuellement au niveau européen par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). »

Sous la pression (« par mesure de précaution » écrit Le Point, sic), Kusmi Tea France a immédiatement retiré de la vente les boîtes de camomille actuellement sur le marché européen et sur son site internet. Le site américain de la marque n’a pour l’instant pas jugé nécessaire de faire de même, signe que le danger doit être important ! L’entreprise indique qu’elle va saisir l’Efsa afin qu’elle précise les normes à respecter.

Le reste du papier de Nathalie Lamoureux – les trois quarts de l’article – évoque une étude du magazine 60 millions de consommateurs menée… deux ans plus tôt sur une sélection de trente thés en sachet (thés verts, thés noirs et thés aromatisés) vendus en grande surface. Un non-scandale sur les alcaloïdes pyrrolizidiniques logiquement aussi présents dans les thés bios que dans les autres (puisque contenus naturellement dans les plantes) comme prétexte à une énième dénonciation des pesticides (donc des cultures conventionnelles) sur la base d’une étude ancienne, il fallait oser… Nathalie Lamoureux l’a fait. Et sans nuance : « Il faut s’être promené une fois dans certaines plantations de thé de Darjeeling pour comprendre que cette boisson si vertueuse n’est pas dépourvue de cochonneries (sic). Les travailleurs sont malades (re-sic). Les parcelles sont bourrées de pesticides (re-re-sic). »

Remettons par conséquent l’information en perspective : s’il y a scandale, ce que nous ne croyons pas, le monde bio est autant concerné par ce scandale que le monde conventionnel. Détourner l’attention des lecteurs vers ce dernier en insistant sur les phytos n’y changera rien.

Le thé à la camomille de Kusmi Tea désormais introuvable en France :

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