Xavier Beulin : « Les agriculteurs ne vont pas retourner biner dans les champs »

Saluons les prises de parole du patron de la FNSEA avec son livre intitulé Notre agriculture est en danger. Ce qu’il faut faire.

A cette occasion, il répond aux question du quotidien Les Echos de vendredi 13-samedi 14 janvier 2017.

Notre agriculture est en déclin accéléré

Il rappelle tout d’abord que « l’agriculture française n’a cessé de s’affaiblir ces quinze dernières années », perdant « quatre places sur l’échiquier international » : « de deuxième exportateur mondial derrière les Etats-Unis, elle est passée au cinquième rang derrière le Brésil, l’Allemagne et les Pays-Bas ». « On a perdu en volume et en valeur », ajoute-t-il, rappelant qu' »en 2016, le solde commercial va atteindre un niveau historiquement bas ». Désormais, « dans plusieurs secteurs de production, ce sont les autres pays européens qui nous fournissent la matière première » tandis que « la France importe aujourd’hui 40% des volailles qu’elle consomme », de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne. Xavier Beulin donne un autre exemple qui illustre nos difficultés : « Il y a quinze ans, on produisait 25 millions de porcs, comme l’Espagne. En 2016, nous en avons produit 21 millions, l’Espagne 46 millions »…

Les normes et le deux poids, deux mesures avec la grande distribution en accusation

La faute aux coûts de production mais aussi aux normes, « dont l’accumulation fait très très mal », notamment aux normes environnementales. Et Xavier Beulin de noter que si « la France a fait le choix de préserver une grande diversité de produits », « on ne rémunère pas cette diversité » et « on négocie en marge arrière avec la distribution ». Il rappelle que les producteurs n’ont pas le droit de se concentrer alors que l’Autorité de la concurrence « juge ‘acceptable’ le regroupement des enseignes » de la grande distribution.

Massifier l’offre et en finir avec les caricatures

Puis, le président de la FNSEA, qui appelle à « (laisser les agriculteurs s’organiser) pour massifier l’offre » tout en refusant la généralisation des très grandes fermes, démonte les fantasmes des écologistes : « la ferme dite des ‘1 000 veaux’ dans la Creuse n’est pas un élevage industriel mais un bâtiment en bois, équipé de panneaux solaires et d’un méthaniseur pour transformer les déjections animales en énergies, où les animaux sont sur de la litière ». « Il faut absolument moderniser l’agriculture française pour la mettre au niveau », plaide-t-il.

Vers une troisième voie bien française

Son objectif ? « Développer une troisième voie, entre l’agriculture industrielle et la diversité, l’agriculture plurielle et le high-tech, l’agriculture bio et la robotique ». Au risque de doucher les espoirs de certains écologistes, Xavier Beulin affirme que « les agriculteurs ne vont pas retourner biner dans les champs. Il y a des minirobots pour cela. » « On doit accélérer les innovations pour gagner en efficacité » explique-t-il, le regard résolument tourné vers l’avenir et faisant sien le souhait du président des Jeunes Agriculteurs : « Je suis pour une agriculture de fermes, pas de firmes. »

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Commentaires
  1. un physicien
  2. Visor
    • dom
      • Visor
  3. Alzine