Perturbateurs endocriniens : un des « marchands de doutes » ne vend pas que des doutes !

Il y a deux semaines, le quotidien Le Monde (évidemment) publiait le manifeste « Perturbateurs endocriniens : halte à la manipulation de la science !» signé par une centaine de scientifiques. Un texte justement dépourvu du moindre argument scientifique et à teneur complotiste, les auteurs s’en prenant à une réglementation de la Commission européenne régissant les perturbateurs endocriniens qu’ils estiment sous influence d’experts payés par des lobbies industriels. Inutile de préciser qu’à aucun moment, ils n’apportent la moindre preuve de leurs affirmations…

ForumPhyto.fr, note que parmi les signataires, on compte Barbara Demeneix, « professeure au Museum d’Histoire Naturelle », précise-t-elle dans sa signature. Celle-ci « oublie » juste de préciser qu’elle aussi co-fondatrice et administratrice de la société Watchfrog… qui crée des grenouilles modifiées génétiquement pour détecter les polluants présents dans l’eau… et en particulier les perturbateurs endocriniens ! Autrement dit, « les déclarations publiques de la chercheuse B. Demeneix incitent à élargir le marché de l’entrepreneuse Barbara D. » Et ForumPhyto.fr d’ironiser : « On imagine les titres fracassants qu’en tirera surement Stéphane Foucart, à qui nous cédons bien volontiers ce scoop gratuitement. Allons-nous voir demain en une du Monde, dans le style plein de nuances qui le caractéristique : ‘Perturbateurs endocriniens : un débat manipulé par une scientifique liée à l’industrie des OGM’ ? »

De quoi poser la question du conflit d’intérêt même si son existence « ne doit pas servir d’excuse pour ignorer l’argumentation d’un chercheur » comme le pensent « Le Monde, Cash Investigation ou Générations Futures ». Mais aussi, continue ForumPhyto.fr, de quoi interroger sur « le silence assourdissant des organismes de recherche par rapport aux prises de position politiques de leurs chercheurs » : « le CNRS et le Museum National d’Histoire Naturelle (les deux autorités de tutelle de l’unité dirigée par Barbara Demeneix) cautionnent-ils ses déclarations sur les travaux de la Commission Européenne (y compris ses insinuations sur « un flou entretenu » par la Commission) ? Valident-ils les modèles employés dans son analyse des coûts des perturbateurs endocriniens ? Il est tout-à-fait normal et souhaitable que les chercheurs s’impliquent dans les débats publics concernant leurs disciplines. Mais quand ces déclarations atteignent ce niveau de visibilité médiatique, il devient nécessaire de savoir si leurs opinions n’engagent qu’eux, ou sont approuvées par l’Institut qui les emploie. »

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