Les faucheurs volontaires sont bel et bien des délinquants

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Le groupuscule a vieilli mais les faucheurs volontaires restent toujours d’active. A l’approche de la présidentielle, ils se remettent à mener des actions commandos. Comme les retraités Louis Auclair et Françoise Marille, certains d’entre eux agissent à visage découvert. Ils auraient tort de s’en priver vu la complaisance des autorités. Ainsi, leur dernier saccage a eu lieu en août et ils n’ont toujours pas été entendus par la gendarmerie du lieu. Et pourtant, « nous n’avons pas caché notre identité », expliquent-ils. « Nous attendons »… Si aux forces de l’ordre, ils sont entraînés à répondre : « Je n’ai rien à déclarer », aux médias, ils ont beaucoup de choses à dire. Ainsi, à la question de L’Agri, « Pourquoi ne pas avoir testé la voie légale ? », ils répondent qu’ils l’ont fait mais que cela ne va pas assez vite pour eux et au fond, que celle-ci risque de leur donner tort, d’où le saccage. Lisez plutôt : « Un recours a été déposé devant le Conseil d’Etat en mars 2015 pour demander que l’Etat évalue les variétés rendues tolérantes aux herbicides de façon indépendante et qu’un moratoire soit décidé. Ségolène Royal a demandé leur avis à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) et au Haut conseil des biotechnologies (HCB). Le HCB a rendu un avis très controversé (comprendre : qui ne va pas dans la direction que nous défendons, ndlr) sur les nouvelles techniques de sélection et l’ANSES n’a pas encore répondu. Récemment, le Conseil d’Etat a demandé des informations complémentaires pour se prononcer. » Autant que les recours légaux n’ont pas tous été épuisés, loin s’en faut ! Le débat pourrait avoir lieu dans la sérénité si les faucheurs n’agissaient pas dans l’illégalité mais peut-être n’y ont-ils tout simplement pas intérêt vu le manque de sérieux de leurs arguments. Ceux-ci jouent sur les peurs d’une population française qui craint autant le progrès scientifique qu’elle en bénéficie au quotidien, sans même s’en rendre compte. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à utiliser la ficelle d’un grand complot ourdi par un supposé lobby agroalimentaire : « Le lobbying profite toujours aux plus puissants » déclarent-ils par exemple dans les colonnes de L’Agri. Enfin, comme pour rassurer le lecteur atterré (comme il le serait si des braqueurs donnaient une interview à visage découvert après leur méfait), nos deux retraités faucheurs nous expliquent que leur saccage « n’intervient qu’au bout de trois ans de démarches de sensibilisation » des agriculteurs ciblés, qu’on image d’ailleurs plus proches du harcèlement vu les moyens employés au final. « Comment faire comprendre, autrement » déclare même Françoise Marille qui s’érige en justicière superbio et qui ne recule devant aucun procès d’intention : « Certains agriculteurs se sont lancés dans cette démarche parce qu’ils étaient asphyxiés financièrement, mais là, on sent que ce n’est pas le cas. » Euh… comment dire… L’agriculteur a une tête de riche. C’est en substance ce qu’elle ose déclarer. Un peu comme : « Les vaccins, les médicaments, les produits phytos ont l’air dangereux pour l’être humain ». Bref, ces retraités n’ont aucun courage. Sauf celui de détruire des champs de paysans comme cet été dans les Pyrénées Orientales (comme si les agris n’avaient pas assez souffert du temps et de la conjoncture, il fallait qu’ils se coltinent en plus les faucheurs volontaires…), de bénéficier ensuite de la complaisance des forces de l’ordre et de passer pour des héros dans les médias.

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  1. Alzine

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