Comment Internet alimente sans cesse les rumeurs sur le glyphosate

Sur le site du quotidien québécois Le Soleil, le blogueur Jean-François Cliche dénonce « l’empire de la rumeur » que représente Internet à propos, entre autres sujets, du glyphosate. Son post arrive après qu’une étude alarmante publiée par Entropy et consacrée à l’herbicide provoque des remous sur la toile. Crédibilité des auteurs*, travaux réalisés à partir d’une lecture extrêmement sélective de la littérature scientifique, extension abusive de résultats d’expériences sur les animaux à l’espèce humaine (alors qu’il a été justement prouvé scientifiquement que le glyphosate n’inhibe pas les enzymes humaines sauf une, le 2C9, mais à condition d’atteindre des concentrations impossibles à obtenir en pratique dans le corps humain), publication dans une revue scientifique spécialisée dans un tout autre domaine (la physique) et qui vit de ses… auteurs (en gros, il faut payer pour publier)… Bref, c’est là « un échafaudage intellectuel qui n’est pas un travail scientifique, mais une sorte de version biologique de la théorie du complot », tranche François Belzile, professeur de phytologie de l’Université Laval.

« Bien entendu, ce papier a été taillé en pièce par tous les experts qui ont perdu leur temps à le lire. Mais malheureusement, il est toujours difficile de juger de la crédibilité d’une soi-disant étude pour monsieur et madame Tout-le-monde. Et c’est d’autant plus difficile que, malgré toutes ses qualités, l’Internet ne sépare pas le vrai du faux peut donc servir de caisse de résonance à n’importe quelle escroquerie intellectuelle » explique Jean-François Cliche. « Si bien que sur les 100 premiers résultats que l’on obtient en googlant «cancer + glyphosate + samsel + seneff», pas moins de 92 citent l’«étude» sur le glyphosate sans aucune réserve – et souvent même avec enthousiasme. Ce qui en laisse seulement 8 sur 100 qui en font la critique qui s’impose. »

Les revues de littérature scientifique rédigées par des chercheurs universitaires ou gouvernementaux sont formelles, elles : toutes leurs conclusions indiquent que la toxicité chronique du glyphosate aux doses (faibles) auxquelles sont exposés les humains est nulle et que les OGM ne sont pas plus dangereux.

*Anthony Samsel se définit sur sa page Linkedin comme un consultant environnemental à la retraite qui mène des enquêtes sur les pollueurs industriels (« charitable community investigations of industrial polluters ») et Stephanie Seneff est « chercheuse senior au MIT », le prestigieux Massachussetts Institute of Technology mais, explique Jean-François Cliche, elle a une formation en génie électrique et un poste de prof dans un laboratoire de recherche en informatique… « Rien à voir avec la toxicologie, donc. »

 

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