Elise Lucet ou comment faire une interview orientée

Sans titreCash Investigation et sa journaliste vedette font leur rentrée demain avec pour changer…un « docu » sur l’agroalimentaire « Industrie agroalimentaire : business contre santé ».

Catherine Chapalain, directrice de l’ANIA (Association nationale des industries agro-alimentaires) a fait parti des personnes qui ont accepté d’être interviewées. Elle vient de publier son témoignage…édifiant !

Extrait (nous avons surligné les passages les plus marquants) :

[…]Dans le cadre de son enquête sur l’agroalimentaire, notamment sur l’étiquetage nutritionnel des aliments, l’équipe de Cash Investigation a sollicité l’ANIA pour un entretien. Nous connaissions les méthodes parfois rugueuses de l’émission et son goût pour le sensationnalisme. Nous y avons répondu favorablement car il nous paraît nécessaire que chaque acteur concerné puisse s’exprimer sur ce sujet important pour les consommateurs.

L’entretien a duré 1h15. Nous avons accueilli le 07 avril 2016 l’équipe de Cash Investigation dans les locaux de l’ANIA qui se situent boulevard Malesherbes à Paris. L’équipe, composée de 7 personnes, est arrivée à 14h15. Il y avait deux journalistes, deux cadreurs, un preneur de son, une assistante et une maquilleuse… un vrai plateau de cinéma ! L’installation a nécessité plus de temps que prévu et le début de l’entretien a été légèrement retardé. De son côté, Elise Lucet est arrivée une heure plus tard, une quinzaine de minutes avant l’interview. Ensuite, les deux journalistes se sont installés dans une autre pièce avec leurs ordinateurs et un micro connecté à l’oreillette de Mme Lucet. Je pensais que notre entretien serait plus simple en logistique…

[…]A l’ANIA, nous sommes convaincus que l’information nutritionnelle des produits doit évoluer, doit progresser, doit se simplifier. Nous faisons le constat que l’information actuelle, notamment réglementaire (ex. tableau des valeurs nutritionnelles), n’est plus suffisante pour bien informer le consommateur. Les études auprès des consommateurs et la consultation citoyenne que nous avons menées nous le confirment. Il est donc utile de mettre en place une information complémentaire simplifiée sous forme de logos.

C’est pourquoi, nous nous sommes engagés aux côtés du ministère de la santé, des pouvoirs publics, des associations de consommateurs, des scientifiques, des enseignes de la grande distribution dans la mise en place d’une concertation puis d’une expérimentation de différents logos. L’enjeu est de permettre aux consommateurs eux-mêmes, en conditions réelles d’achat, d’évaluer le logo qui leur semblera le plus adapté. Quatre nouveaux systèmes d’information leur seront alors proposés : le Nutri-Score, le SENS, le Nutri-Repère et le Nutri-Couleurs.

Lors de l’entretien, pour une raison que j’ignore, l’équipe de Cash Investigation ne voulait pas évoquer ces quatre propositions. Tout semblait orienté pour un débat unique « pour ou contre le système de M. Hercberg » (5C ou nutri-score). A de très nombreuses reprises, j’ai tenté d’expliquer que le consommateur aura le choix entre quatre logos lors de l’expérimentation menée par le ministère de la santé, incluant la proposition 5C. Malheureusement, les échanges n’ont porté que sur ce dernier, niant l’existence des trois autres.

Note d’alerte environnement : un petit rappel sur le système de M. Hercberg  est disponible ici.

[…] Lors de notre entretien, nous avons également échangé sur l’ANIA que j’ai le plaisir de diriger et d’animer avec mon équipe composée d’une vingtaine de personnes. Madame Lucet souhaitait se concentrer uniquement sur quelques grandes entreprises qui participent au conseil d’administration de notre association.

[..]Madame Lucet m’a également étonnée en m’indiquant que le monde de l’alimentation était divisé en deux. D’un côté les bons produits du terroir et de l’autre les mauvais produits de l’industrie. Quelle méconnaissance du secteur agroalimentaire et de la fabrication des aliments en France. Oui, le saucisson, les rillettes, les caramels au beurre salé, les fromages tout comme les pizzas ou les céréales sont aussi fabriqués par nos entreprises. Oui, nous sommes fiers de nos grands groupes français et internationaux comme de nos PME. Et oui, nous sommes fiers de pouvoir porter leur voix dans le débat public et démocratique.

 

Que dire de cette méthode d’interview ? Ce n’est pas du journalisme mais de la pure propagande !

 

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Commentaires
  1. Seppi
  2. AlainCo (@alain_co)
    • Karg se
  3. franck

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