Tout ce qu’on ne dit pas sur le bio

Sur Slate.frGérard Kafadaroff, ingénieur agronome, rappelle que « les nombreuses études scientifiques réalisées depuis plusieurs décennies n’ont pas permis de mettre en évidence des bénéfices sanitaires significatifs pour l’agriculture biologique ». Et de rappeler les travaux de l’Afssa de 2003de ceux de l’Efsa de 2015 en passant par l’étude de l’Inra de 2013 ou les recherches menées par l’université de Stanford en 2012. La liste est « non exhaustive », précise-t-il. A chaque fois, « les conclusions sont identiques : pas de bénéfices significatifs pour la santé ». Si les aliments bios contiennent « moins de résidus de pesticides de synthèse », « les pesticides ‘naturels’ utilisés en bio n’ont pas été recherchés ». Et si les teneurs en antioxydants sont « légèrement plus fortes dans les fruits », un « avantage mineur puisque les fruits contribuent faiblement à l’apport d’antioxydants dans le régime alimentaire », « à l’inverse, un plus grand nombre de contaminants biologiques a été décelé ». Et Gérard Kafadaroff, de s’interroger : « Que comptent les austères avis scientifiques face à la détermination militante des écologistes, au marketing agressif des groupes comme Carrefour ou Auchan et à la déferlante verte et bio du politiquement correct ? » Ou encore : « Les contaminants biologiques (mycotoxines, bactéries) ne sont-ils pas pour l’agriculture biologique une menace sanitaire autrement plus inquiétante que celle non prouvée des résidus de pesticides détectés à des doses très inférieures au seuil de dangerosité ou celle illusoire des OGM, qui justement permettent de réduire l’utilisation de pesticides ? » Kafadaroff dégonfle la baudruche bio, rappelant qu’en 2011, une sévère épidémie de gastro-entérite a frappé l’Allemagne, causant 3 000 malades et 43 décès« , la faute à « des graines germées contaminées par une souche pathogène de la bactérie E. coli produites par une ferme allemande pratiquant l’agriculture biologique ». Une triste nouvelle quasiment ignorée des médias : « que serait-il advenu si un pesticide ou un OGM avait été reconnu coupable de ces quarante-trois morts voire d’un seul ? » Rappelant que « l’usage plus fréquent du travail mécanique générateur d’émissions de CO2 et surtout les rendements plus faibles de l’agriculture bio (chute de 50% entre 1998 et 2008, selon l’Inra) constituent un lourd handicap » pour elle, Kafadaroff explique que sans l’agriculture conventionnelle la cernant, la bio « subirait une forte pression parasitaire difficilement gérable » et que le tout-bio n’aurait pas d’autre effet que d' »(accélérer) la mise en culture de nouvelles terres souvent riches en biodiversité afin de maintenir la production agricole ». Le bio est surtout un bon moyen trouvé par la grande distribution alimentaire pour arrondir ses marges : selon les études, le panier bio coûte entre 57 et 70% plus cher que le panier conventionnel. Bref, le fait qu’un résidu d’insecticide détecté dans des salades provoque aussitôt une bronca alarmiste même si les quantités détectées ne présentent aucun danger sanitaire, ne dérange au final pas grand monde. Enfin, l’ingénieur pointe l’une des nombreuses contradictions de cette filière : « les agriculteurs bio utilisent sans aucune réticence des semences obtenues par mutagénèse« , technique contre laquelle les écologistes se battent en ce moment même. L’article peut être lu en intégralité ici.

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Commentaires
  1. jG2433
    • jG2433
    • roger
  2. douar