Crise de l’élevage : Bruno Le Maire est-il vraiment crédible ?

Depuis l’effervescence médiatique de la crise de l’élevage qui a démarré en Normandie, Bruno le Maire se pose en ministre de l’agriculture d’un shadow cabinet. Il faut bien lui reconnaître un flair pour sentir les évènements qui peuvent faire du buzz médiatique : l’école, la mariage pour tous, l’élevage… Il ne faut pas être dupe. La compétition pour les primaires chez les républicains est partie. La course s’annonce longue. Les grosses écuries (Sarkozy, Juppé … ) sont sur le mode fleuret moucheté. Pour se glisser au niveau de ces principaux compétiteurs, Bruno le Maire doit saisir toutes les occasions pour apparaître. Bravo, il a été le premier à sentir les évènements début juillet et surtout les potentialités médiatiques. Il fait du Ségolène Royal…en plus intelligent (vous me direz que ce n’est pas très difficile !)
En ce qui concerne l’agriculture, il est à son avantage : parlementaire d’une région d’élevage et détenteur du portefeuille dans le précédent gouvernement, il connaît les dossiers français et européens. Certains ne manquent pas sans raisons de rappeler que ces crises de l’élevage (il n’y a pas une crise mais bien plusieurs) ont des racines bien plus profondes. Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, a en partie refilé le mistigri. Sur les relations commerciales entre les filières agricoles et la grande distribution, la LME (Loi de modernisation de l’économie, période Sarkozy) n’a rien réglé voire même a aggravé la situation. Sur les différentiels de compétitivité avec l’Allemagne, la profession agricole avait depuis bien longtemps tiré les sonnettes d’alarme. A sa décharge, il faut reconnaitre les effets dévastateurs de l’embargo russe, 1 ans après sa mise en place.
Il est patent que Bruno Le Maire s’en sort mieux que Stéphane Le Foll. Il est vrai que ce dernier est tombé dans un piège qu’il a lui même mis en place : c’est lui qui a annoncé le 17 juillet dernier que 20 000 exploitations agricoles étaient au bord du précipice ; ce qui a justifié la mobilisation des FDSEA de Normandie. Ces dernières ont décidé de ne pas se laisser déborder par l’APPLI (association des producteurs de lait indépendants,) ni par la Coordination rurale. L’occase syndicale était trop belle : le ministre justifiait la mobilisation. Le chiffre de 20 000, personne ne peut dire d’où il le sort ! Maintenant la boule de neige est partie avec les mobilisations dans d’autres régions. Il est pathétique de voir le Président de la République faire appel à la grande distribution pour faire remonter les cours et pour gagner la paix sociale.
Les agriculteurs sont-ils dupes de ces effets de manche opportunistes ? Non, mais d’autres se tiennent en embuscades pour ramasser la mise si les effets dévastateurs des crises dans le secteur des productions animales se poursuivent.

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Commentaires
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