Du « non lucratif » à l’écolobusiness, il n’y a qu’un pas !

Les associations écologistes « à buts non lucratifs » ont toujours mis en avant leur côté « désintéressé », en défense de l’intérêt général. Oui, mais comme dirait l’autre, il faut bien vivre. C’est ainsi que l’on voit depuis plusieurs années naître un écolobusiness en parallèle aux activités militantes. Cet écolobusiness peut démarcher les grandes structures écolo-alternatives pour diverses offres de service. Mais il peut aussi quelquefois s’apparenter au type qui vous vend un extincteur après avoir mis le feu à votre maison ou à celle de votre voisin. Autrement dit, il y a d’un côté le militant écologiste qui stigmatise des entreprises, et de l’autre le conseiller écologiste qui propose ses services pour améliorer l’image verte des entreprises ciblées.

Le plus souvent, il s’agit du recyclage d’anciens responsables écologistes dans le domaine du conseil et du marketing. C’est le cas de l’ancien boss de Greenpeace, Bruno Rebelle. Ce dernier a en effet dirigé Greenpeace France entre 1997 et 2003, avant de devenir n°2 de Greenpeace International et cela jusqu’en 2006. En 2007, il a créé sa propre entreprise baptisée « Transitions » et dont le chiffre d’affaires dépasse aujourd’hui le million d’euros. Et d’expliquer à ses clients (Pepsico, Leclerc, Carrefour, L’Oréal, etc.) comment ils vont les valoriser « comme acteur responsable de manière à tirer tous les bénéfices qui découlent de la stratégie adoptée ». Ambitieux, Bruno Rebelle a décidé en 2014 de rejoindre une alliance internationale de boîtes de greencom’ au sein de Transition500, avec Robertsbridge (Grande-Bretagne), Future 500 (Etats-Unis et Canada), Thema1 (Allemagne) et Conscience Consulting (Belgique), cette dernière entreprise ayant été fondée par une ancienne dir com’ des Friends of the Earth. On peut aussi mentionner Jean-Philippe Teboul, ancien vice-président des Amis de la Terre (2004-2007) et directeur de projet à la Fondation Good Planet (2007-2008), qui fonde en 2008 la société Orientation Durable, un cabinet de recrutement « de l’intérêt général et de la croissance verte ». En même temps qu’il dirige son cabinet, il fait de la « formation et conseil lobby » au service des Jeunes Agriculteurs. Comme le monde est petit, on trouve au sein de l’équipe d’Orientation durable des personnalités comme l’avocat William Bourdon, ancien secrétaire général de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme et président de l’association Sherpa, ou encore Yann Queinnec, directeur de Sherpa jusqu’en 2009, représentant de l’Alliance pour la Planète au Grenelle de l’environnement et administrateur de Greenpeace. De plus, Yann Queinnec a cofondé en 2013 Affectio Mutandi, dont il est le directeur général, et qui se présente comme « la première agence conseil en stratégies sociétale, normative et réputationnelle sur les enjeux ESG ». Autre exemple : Dominique Royet, récemment devenue PDG de Max Havelaar France, s’est occupée pendant près de 10 ans (1999-2008) des partenariats du WWF, avant de devenir directrice associée de Greenflex, une des grandes agences de conseil en développement durable, puis d’Alternatives et Alliances, mettant notamment en place la stratégie communication et développement de l’association Notéo (pour rappel voir ici : Noteo : institut indépendant ou écolobusiness ?).

Pour compléter le tableau, nous nous intéresserons dans un prochain billet à Générations Cobayes et à l’Institut Notéo.

Sources
http://www.transitions-dd.com/
http://www.societe.com/bilan/transitions-bruno-rebelle-associe-e-s-499944783201412311.html
https://fr.linkedin.com/in/jeanphilippeteboul
http://www.orientationdurable.com/equipe-orientation-durable/
http://alternativesetalliances.com/qui-sommes-nous/
http://affectiomutandi.com/qui-sommes-nous/les-fondateurs/
http://www.ecolopedia.fr/?p=3739

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
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