On mangeait mieux avant (Partie 2)

Suite de notre sélection d’éléments issus de la publication du CGAAER (Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux) « Controverse documentée à propos de quelques idées reçues sur l’agriculture, l’alimentation et la forêt »

  • On croit que les grandes marques offrent une garantie de qualité. Or, quand on fait des tests de goût à l’aveugle, les produits distributeurs sont souvent jugés meilleurs. Par ailleurs, ils ne sont pas plus gras ni plus sucrés et coûtent deux à trois fois moins cher.
  • Pour beaucoup, la « peur alimentaire » pousse vers la consommation de produits bio pour lesquels les Français ont dépensé 4,5 milliards d’euros en 2013, ce qui représentait 2,4 % de l’alimentation à domicile fin 2012 en France. Mais « manger mieux » en mangeant « bio » coûte plus cher.
  • En France, un kilo de steak haché est aujourd’hui moins cher dans la grande distribution qu’un paquet de cigarette. En définitive, plus qu’un lien causal direct entre consommation de viande et risque de cancer, les associations retrouvées pourraient être le fait de comportements alimentaires et de vie « à risque » plutôt que seulement liées à la consommation de viande.
  • Selon la FAO, près d’un tiers des aliments produits dans le monde pour la consommation humaine est perdu ou gaspillé. Le Conseil américain des ressources naturelles indique que les gaspillages alimentaires auraient progressé de 50 % au cours des trente dernières années, passant de 900 à 1 400 kilocalories par jour et par personne (presque l’équivalent du besoin alimentaire minimal quotidien d’une personne qui a faim ailleurs dans le monde…).
  • Les causes de ce gaspillage résident dans une insuffisante maîtrise des volumes achetés et des portions préparées associée à une perte de savoir-faire dans la réutilisation des restes. Mais aussi dans l’incompréhension par le consommateur de l’information fournie sur le « datage » des produits. Ainsi, en France, la confusion entre la Date limite d’utilisation optimale (DLUO) et la Date de consommation (DLC) conduit à l’élimination d’aliments qui, sur le plan sanitaire, ne représentent aucun risque. Aussi, le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire présenté en juin 2013 par le ministère en charge de l’alimentation prévoit-il le emplacement de la mention DLUO par la mention « à consommer de préférence avant le … ».
  • Pour satisfaire les demandes du consommateur au regard de la proximité de la production et de la qualité des produits, se développent les « circuits courts » d’approvisionnement… Ils ne sont pas une garantie automatique de qualité mais ils répondent à la demande de proximité et de lien social.
  • L’agriculture biologique est aussi une réponse à une demande des consommateurs pour plus d’authenticité, pour « mieux manger » et pour protéger l’environnement. Si elle garantit la non utilisation de produits chimiques de synthèse et l’absence d’OGM, elle n’est cependant pas, en tant que tel, une garantie de qualité. Elle peut contribuer au « manger mieux » et trouver sa place au côté de l’agriculture conventionnelle pour satisfaire les besoins de tous les consommateurs.
  • Au-delà, qu’il s’agisse de la consommation de viande ou du gaspillage alimentaire, par exemple, le bon sens et la responsabilité de chacun doit permettre d’améliorer les comportements en conservant à l’alimentation sa fonction nutritive, culturelle et, autant que possible, de plaisir. Si une bonne alimentation contribue à la santé, elle ne doit cependant pas être considérée comme un médicament.
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Commentaires
  1. Wackes Seppi
  2. JG2433
  3. JG2433
    • JG2433
  4. bertrand