Extrême droite et écologie : retour aux sources ?

Le 6 novembre, Les Inrocks ont publié un article intitulé « Sivens : quand l’extrême droite tente d’infiltrer la ZAD », expliquant que « cela fait plusieurs années que des groupuscules d’extrême droite violents, au nom de la défense d’une nature éternelle, tentent de récupérer les combats écologiques ». Le combat contre le barrage de Sivens en ferait donc partie. Ainsi, un « vieux militant écolo chargé de la sécurité, qui campe sur la ZAD (zone à défendre) depuis août » témoigne : « Des copains ont vu des types coller des affiches contre le barrage, mais ce n’était pas les nôtres. » Signées « Rébellion », et l’inscription « Non au barrage de Sivens, ne laissons pas le profit détruire la nature ! », elles étaient l’œuvre du MAS (Mouvement d’action sociale) et de sa revue Rébellion. L’historien spécialiste des mouvements d’extrême droite Jean-Paul Gautier précise que les militants du MAS « fonctionnent sur le modèle du CasaPound, mouvement italien néofasciste. (…) Aujourd’hui, on trouve souvent le MAS dans des associations types AMAP, où ils touchent un public large et crédibilisent leurs idées pseudo-anticapitalistes. ».

Auparavant, les zadistes avaient eu la visite d’un militant soralien ainsi que de plusieurs dieudonnistes, toujours en vue d’une alliance. Une zadiste raconte « qu’avec un ami militant antifasciste, il s’est armé d’une barre de fer pour aller les attendre dans la forêt, au coin de la départementale qui borde le site », avant d’ajouter : « Mais on n’a rien pu faire : deux camarades de la Zad s’étaient postés sur le capot de leur voiture pour qu’ils partent sains et saufs. Sur le coup j’enrageais, mais aujourd’hui je me dis que c’était la bonne décision. » Non-violence, quand tu nous tiens !

En revanche, peut-on vraiment accuser l’extrême droite de « récupération des combats écologique », comme l’écrit Les Inrocks ou ne faudrait-il pas plutôt noter qu’il s’agit d’un « retour aux sources » ? Car qui peut aujourd’hui nier le fait que sur le plan idéologique, l’écologisme est fondamentalement conservatrice ? « Un chassé-croisé s’est produit entre la droite et la gauche (…). La défense de la “terre qui ne ment pas” est passée du pétainisme à l’extrême gauche », rappelle le penseur écologiste Bernard Charbonneau dans son livre Le Feu vert. Il ajoute : «Tout en recrutant ses militants dans un milieu gauchiste qui rêve de société parfaite, sur le terrain, le mouvement écologique défend ce qui est : ces arbres, ces villages, cette culture. Il est à la fois révolutionnaire parce qu’il réclame un changement de sens radical de la société, et conservateur : à tout instant nous le découvrons dans le paradoxe. Il ne doit pas avoir honte d’être conservateur, loin de là, il doit arracher ce terme à une droite qui ne conserve plus rien du trésor accumulé par la terre et les hommes », concluant que « l’entreprise écologique peut être qualifiée de révolution conservatrice ».

Rien donc de plus naturel que de retrouver sur le site de Sivens des activistes venus de l’extrême droite, comme semble s’en étonner Les Inrocks

Sources
http://www.lesinrocks.com/2014/11/06/actualite/barrage-sivens-lextreme-droite-tente-dinfiltrer-zad-11534064/

email
Commentaires
  1. Daniel
    • roger
      • Laurent Berthod
        • Daniel
        • roger
        • Hector
  2. Wackes Seppi
    • Schira Renaud
      • Laurent Berthod
  3. roger
    • Zygomar
  4. Laurent Berthod
    • roger
      • Daniel
        • GV
  5. roger
    • GV
  6. Laurent Berthod
    • roger