Les abeilles intoxiquées… par la propagande écolo

Depuis le début de la saison apicole, on assiste à une recrudescence des opérations sur la question des surmortalités des abeilles. Le site actu-environnement en a fait un condensé avec l’essentiel des chiffres publiés.

Force est de constater que toutes ces communications catastrophistes sont basées sur des chiffres n’ayant aucune base scientifique. Le monde agricole habitué à des évaluations statistiques  régulières des différentes productions ne les prend donc pas trop au sérieux. Sauf quand ceux-ci renforcent justement un sentiment hostile au sein de l’opinion publique.

La dernière communication émanant de la Confédération Paysanne le 26 aout dernier commence fort « Des pertes de production de 50 à 80% dans de nombreuses régions, une mortalité des ruches qui s’accélère… »

Une question simple : ces chiffres sortent d’où ? On nous parle de moins de 15000 t de production. Ce chiffre est régulièrement avancé depuis plusieurs années comme étant une estimation moyenne de la production. Mais en réalité, il n’y a aucun chiffre sur la production de miel, sauf des estimations au doigt mouillé. Quant à la perte de production de 50 à 80 % variable selon les régions, il est impossible de l’estimer car il n’y a aucune enquête ou évaluation de production. Les chiffres issus de différents audits ne sont que des estimations.

Bref une communication alarmiste pour justifier une nouvelle fois une communication anti-phyto, même si le Président de l’Unaf doit reconnaître que la météo n’a pas été favorable.

« La plupart des floraisons précoces ont été « littéralement grillées par le vent et les fortes chaleurs de juin (…). Les conditions météo y sont évidemment pour quelque chose, mais la très longue rémanence des pesticides néonicotinoïdes dans le sol, accumulés depuis des années, peut aussi être incriminée », a de nouveau mis en cause Olivier Belval. Selon l’Unaf, la mortalité des colonies (en hiver, printemps et été) liée aux pesticides avoisinerait les 30% en France. »

Ce chiffre de 30 % de mortalité liées aux pesticides est une pure invention de l’UNAF sans aucune base scientifique mais qui est repris allégrement par la presse.

Le Groupe Bayer par un communiqué  s’appuyant sur les données fournies par l’association COLOSS  considère que la mortalité hivernale a été moindre et que les néonicoitinoides sont hors de cause. Bien évidemment, la presse française n’ira plus loin dans cette étude. Elle pourrait remarquer que la France a été incapable de fournir un chiffre de mortalité en 2014. La France championne de l’intox par les chiffres est en effet incapable depuis de nombreuses années de fournir au réseau européen des éléments crédibles. Il est vrai que c’est beaucoup plus simple pour la profession apicole pour justifier ces délires anti phyto.

La seule étude sérieuse sur les mortalités hivernale en France est faite par la chambre d’agriculture d’Alsace qui constate une mortalité hivernale 2013/14 inferieure à 10% (la norme d’une situation normale). Une autre source d’information sur la situation apicole que l’on peut qualifier de sérieuse vient d’une communication de la FRSEA Languedoc appuyée par l’ADAPRO-LR datant de début août. Celle-ci fournit une estimation de baisse de production de 50 %.

la perte moyenne de 50% de la production régionale de miel », occasionnée par « les aléas climatiques de 2014, précédés de deux ou trois années de difficultés ». Soit un manque à gagner « d’environ 10 millions d’euros ». Les apiculteurs pointent les impacts de la sécheresse (« carence en nectar et en pollen due à un printemps trop sec »), des parasites varroa et cynips du châtaignier (« le châtaignier constitue les plus gros volumes du miel régional »), du frelon asiatique, prédateur des abeilles, des « intoxications et maladies ».

Le plus intéressant dans ces quelques lignes est le début d’analyse sur les causes, où le dossier phyto est remis à sa juste place. Il serait plus intéressant que la Confédération paysanne ou l’Unaf se positionne sur la disparation des châtaigneraies à cause du cynips, sur l’absence de traitements contre le varroa chez de nombreux apiculteurs y compris professionnels…

Quant aux pouvoirs publics, ils nagent volontairement dans cette absence de chiffres validés tant sur la production, que sur les mortalités, … Il serait intéressant qu’un parlementaire au lieu de poser une énième question sur l’impact des néonicotinoïdes interroge Stéphane Le Foll  sur le nombre de ruches en France :  » La déclaration des ruches a été rendu obligatoire par le grenelle de l’environnement. A ce jour, Monsieur le ministre, combien de ruches sont déclarées auprès de vos services ? »

Pour mémoire, le ministère de l’agriculture avait donné une estimation supérieure à 1 300 000 aux autorités communautaires (règlement apicole). L’audit réalisé en 2012 de la filière reportait les chiffres 2010 de la DGAL : 23 610 Apiculteurs pour 637 855 ruches.

Avec les chiffres de mortalité annoncés par la profession apicole, le nombre de ruche en 2014 doit être en dessous de 500 000 ruches.

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Commentaires
  1. Alex
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