Assemblée nationale : un colloque pipé par les écologistes

Nous l’avions déjà signalé : le lobbying écologiste en action à l’Assemblée nationale. C’est aujourd’hui. Le colloque « pesticides : santé et biodiversité » est un modèle du genre. Organisé à l’initiative des députés Sophie Errante, Gérard Bapt, Jean-Louis Roumegas, toutes les associations présentes sont des ultra militantes écologistes : Générations Futures, Phyto victimes, Fédération nationale d’agriculture biologique, Union Nationale de l’Apiculture Française… Qu’il est bon de se retrouver entre petits copains salle Victor Hugo. Sans avis opposé…

Tiens, il aurait été intéressant de donner la parole à l’UIPP (le syndicat des fabricants de pesticides). Histoire de connaître leur position. Y sont quand même concernés non ?  Surtout pas, on risquerait d’entendre un autre son de cloche ! Les utilisateurs de pesticides ? Par exemple les représentants du monde agricole. Ha  oui, ç’aurait été une donnée idée d’avoir la FNSEA. Les organisateurs n’ont pas jugé bon de faire signe au syndicat agricole. Le peuple ne mérite pas d’entendre une autre voix . Il doit ingurgiter, bouche bée, la doxa verte.  Oui, s’il vous plait au fond, on écoute sans contester l’étude (explosive, forcément) du professeur GE Seralini présenté par le bon soldat François Veillerette… conseiller régional EELV de Picardie. Et ainsi de suite.

La démocratie, les Verts, en ont plein la bouche. Surtout quand elle va dans leur sens… unique.

Plutôt que des discussions dans les couloirs, créant un soupçon de collusion entre les représentants de l’ANSES, comme Marc Mortureux, Gérard Lasfargues et les ONG écologistes, on aurait aimé une discussion franche, virile en y ajoutant un soupçon d’industriels et d’agriculteurs (pardon, pour la virilité, c’est vrai Najat Vallaud-Belkacem a peut-être fait retirer ce mot dans son projet de loi pour l’égalité homme-femme ; mais là, c’est un autre débat).

Au fait que dit le déontologue de l’Assemblée dans tout ça ? Lui qui ne cesse, à juste titre de rappeler l’importance d’un débat équilibré au sein du Palais Bourbon. Il semble bien loin son rapport de 2013 qui demandait que les députés « puissent bénéficier d’une information objective et pluraliste ou, à défaut, qu’ils puissent clairement identifier de qui provient l’information qui leur est délivrée et ce d’autant plus que le colloque est organisé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale ». *

*Extrait rapport public annuel de la déontoloque de l’Assemblée nationale (p. 127) :

Enfin, les représentants d’intérêts, et notamment ceux qui organisent des colloques ou qui y interviennent, à destination des députés, ne peuvent pas délivrer d’information comportant des éléments « volontairement inexacts destinés à induire les députés en erreur », sur le fondement du paragraphe 8 du code précité. Corrélativement, les organisateurs doivent veiller à ce que les députés soient en mesure de respecter l’article 2 du code de déontologie, relatif à l’indépendance des parlementaires vis-à-vis de toute personne, morale ou physique. Cette indépendance suppose qu’ils puissent bénéficier d’une information objective et pluraliste ou, à défaut, qu’ils puissent clairement identifier de qui provient l’information qui leur est délivrée et ce d’autant plus que le colloque est organisé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale

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Commentaires
  1. JG2433
  2. rageous
    • Wackes Seppi
      • rageous
  3. Alzine
    • Laurent Berthod
  4. Alzine
  5. douar
    • Laurent Berthod
      • douar