Frelon asiatique : le ministère de l’agriculture est bien peu regardant !

Le dioxyde de soufre vient de recevoir une autorisation provisoire pour la lutte contre le frelon asiatique. Pour la petite histoire, des apiculteurs soutenus par des parlementaires d’EELV ont particulièrement milité pour l’obtention de cet usage provisoire. D’autre produits existent mais ils ont un défaut : ce sont d’affreux produits phytosanitaires produits par les firmes.
Ce biocide qui est connu de longue date n’est pas sans danger pour les utilisateurs. La communication du ministère insiste particulièrement sur ce point. Le plus comique dans l’affaire concerne finalement une question simple : ce produit est-il efficace ? Le rapport de l’Anses, dont le communiqué du ministère parle, nous donne des indications en sachant que l’évaluation de ce critère repose uniquement sur des déclarations d’apiculteurs et d’applicateurs. On aurait pu penser que des détails auraient été donnés sur le nombre de nids traités par cette méthode : rien !

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Par ailleurs, le dioxyde de soufre a été cité comme produit utilisé par les non- professionnels de la désinsectisation, et notamment par les apiculteurs. Son mode d’action est mal connu, Il semblerait que son effet soit immédiat (effet choc), cette substance provoquant la mort des insectes par asphyxie. Il a également été observé que des larves paraissent comme liquéfiées après le traitement, ce qui serait peut-être dû à la baisse de la température dans le nid, observée avec ce type de traitement.

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En termes d’effets observés sur les frelons, il n’apparait pas que le SO2 soit plus efficace que d’autres produits déjà présents sur le marché, formulés à base de substances actives évaluées dans le cadre des TP18. Il serait dans certains cas même moins efficace. En effet, il a été constaté la présence de quelques survivants, notamment ceux présents à l’extérieur sur l’enveloppe du nid ou ceux qui sortent du nid au moment de l’intervention. De plus, les nymphes protégées par un opercule sont moins sensibles au SO2 et une destruction mécanique des morceaux du nid est nécessaire pour les éradiquer. La destruction complète du nid s’achève par une incinération.

En conclusion, on peut homologuer un biocide sans évaluation réelle de ses avantages. Quand des producteurs de fruits et  légumes sont face à des impasses agronomiques, le dossier à fournir est largement plus costaud.

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Commentaires
  1. Karg se
  2. ernst
  3. JFP
  4. yvesdemars
  5. Daniel