Agir pour l’environnement dans la surenchère médiatique

Gil Rivière-Wekstein vient de nous apprendre que l’association écologiste va lancer début mars une campagne intitulée « victimes des pesticides ». Le dossier est déjà en ligne :  on y trouve évidemment tous les poncifs des écolos contre les phytos. « Tous victimes », « Jardinier du dimanche, attention ! », « alerte générale », «Quand alimentation rime avec poison » :  rien que les sous-titres du dossier font frémir. En clair, nous sommes « tous victimes » des phytos : agriculteurs (utilisant des phytos contre leur gré, faut-il le rappeler), consommateurs, jardiniers, riverains, enfants, femmes enceintes…Quoique vous fassiez, votre avenir est sombre. Il y a pire, Agir pour l’environnement ose écrire que les règles environnementales en la matière ne sont pas respectées…l’association n’est visiblement pas aller voir des producteurs assaillis sous les règlementations. Mais il y a quand même un petit problème : il faut prouver. Et Agir pour l’environnement admet que c’est difficile : « Cependant, les victimes, que ce soit des riverains ou des consommateurs ont énormément de mal à obtenir réparation. Plusieurs procédures pénales ont été engagées en France mais il est très difficile d’apporter la preuve d’une telle pollution et parfois même celle du lien entre les pesticides et la maladie en question. »

Ce qui n’empêche pas l’association de terminer par un hymne à l’agriculture bio :

En agriculture, l’usage des pesticides n’est pas une fatalité, mais un choix technique intimement lié à la surmécanisation et aux semences industrielles standard. D’autres voies agronomiques sont possibles, basées sur des variétés mieux adaptées au milieu, la lutte biologique (utilisation des prédateurs naturels des parasites), les cultures associées, la reconstitution d’agroécosystèmes capables de réguler les maladies, la rotation des cultures (pour éviter la concentration progressive des maladies et parasites adaptés à une culture donnée), etc. Dans un premier temps, il est bien sûr également possible d’avoir recours à des traitements naturels (utilisation des « préparations naturelles peu préoccupantes », comme le purin d’ortie ou de presle, qui ont fait leurs preuves depuis des siècles) au lieu de se tourner vers les pesticides de synthèse. La combinaison optimale de ces techniques alternatives, qui permet d’obtenir les meilleurs résultats et la meilleure stabilité technique, est l’agriculture biologique. Cette dernière présente l’avantage d’avoir des effets positifs à la fois sur la qualité de l’eau, la fertilité naturelle du sol, la biodiversité sauvage et domestique (en particulier les abeilles), la santé des consommateurs et des agriculteurs – et de revaloriser le métier d’agriculteur en recréant un lien et un respect entre paysans et consommateurs. Outre que de très nombreuses solutions alternatives sont déjà misés en place depuis belle lurette, agir pour l’environnement oppose pesticide naturel et de synthèse et omet de dire que le bio utilise des pesticides.

Agir pour l’environnement est coutumier de ce genre d’action. Déjà l’année dernière, à l’occasion de la clôture de la Semaine sans pesticides, l’association avait organisé une conférence de presse à l’Assemblée nationale pour présenter « le Comité de soutien des Elu(e)s à l’Abeille et aux Apiculteurs », en partenariat avec  l’Unaf (syndicat apicole),  Générations Futures, la LPO et NaturParif.  Encore une action de lobbying de plus !

 

 


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Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. Laurent Berthod
  3. CTX
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