Olivier Belval (UNAF) : la valse des chiffres

Le Parisien du 12 février nous a donné une interview très constructive d’Olivier Belval, président de l’UNAF, le syndicat d’apiculteurs…

Pour lui, le ministre de l’agriculture avec son plan abeille a tout faux. Ce que veut le président de l’UNAF, c’est clairement une interdiction totale des pesticides de la famille des néonicotinoïdes. Ça, on le savait mais le plus nouveau, ce sont ces propos : « La moitié des colonies en France a déjà été décimée depuis la mise sur le marché de ces produits. Entraînant de ce fait une diminution équivalente de la production de miel en France, au point que 2012 est l’année la plus médiocre de toute l’histoire de l’apiculture française. »

Le chiffre de 50 % des colonies décimées. Une estimation qui n’est pas à la louche mais plutôt à la pelleteuse. Il est bien évident que le président refuse de regarder la réalité en face. Par exemple des ruches mal traitées contre le varroa, cet acarien ennemi numéro 1 des abeilles (1 sur 2 n’est pas traitée avec un produit ayant une autorisation de mise sur le marché), les solutions de bricoleur chimiste adoptées par une partie des apiculteurs, la diminution de l’apiculture pluriactive en zone rurale……. En clair, c’est un chiffre extravagant pour masquer l’incompétence et surtout l’absence de la prise en compte de l’état sanitaire du cheptel. Allez en parler à la brigade vétérinaire nationale de la DGAL !

Le pire est le lien avec la situation de la récolte 2012. Qui connaît le niveau de production en 2012 ? Tous les chiffres sont faux. 15 000 T, 20 000 T ? A vous de choisir le chiffre qui vous arrange. De toute façon, l’Unaf sera contre l’instauration d’une baromètre précis sur la production apicole en France. En revanche, selon les apiculteurs, l’année 2012 a été moins favorable (à cause du climat) aux abeilles que 2011, donc forcément moins de production. Associer le faible niveau de production 2012 aux néonicotinoïdes, c’est de la propagande. En suivant son raisonnement, si 2011 a été une bonne année comparativement à 2012, et comme les néonicotinoïdes étaient utilisées, il faut donc considérer qu’ils favorisent la production de miel en France. Les données présentées dans le tableau ci-dessous devrait d’ailleurs susciter quelques interrogations :

A une autre question précise sur les millions d’euros promis par le ministre, la réponse d’Olivier Belval reflète la politique délirant de l’UNAF :

 » Sauf que débourser une telle somme sans interdire ces pesticides, cela revient à jeter l’argent public dans un grand panier percé. D’autant qu’une partie serait utilisée pour développer une apiculture intensive, copiée sur un modèle américain où l’on voit couramment des fermes regroupant plus de 1 000 ruches, quand en France les plus importantes font généralement 200 à 300 ruches. C’est un modèle que nous rejetons absolument. Pour les abeilles, pour l’environnement, mais également pour la qualité du miel et donc pour les consommateurs. « 

Rien dans le plan ne permet d’affirmer les dires du président de l’UNAF sur le modèle américain et c’est surtout c’est dénigrer inutilement ceux qui font 40 % de la production française (production des détenteurs de plus de 300 ruches). Il est vrai que le plan ne prévoit pas de subventionner l’installation des ruches sur les toits des conseils régionaux, mairies et conseils généraux, qui permettent une production conséquente, pas de miel mais de papier dans la presse. L’UNAF est spécialiste de ces opérations marketing, attrape-subventions. Le président de l’UNAF devrait plutôt lire les résultats de l’audit de la filière et surtout s’interroger sur l’impasse de la politique conduite par son organisation.

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
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  3. Alzine
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