Etude Anti-Ogm de Séralini : les petits soldats de la Fondation pour le progrès de l’homme

Environ deux mois après son annonce supermédiatique, l’étude choc du CRIIGEN sur un maïs OGM continue à subir de nombreuses critiques mettant en avant les faiblesses des travaux de Gilles-Eric Séralini. Le CRIIGEN ainsi que les commanditaires de l’étude savaient pertinemment que cela arriverait. En conséquence, et c’est naturel, les responsables du CRIIGEN comme Gilles-Eric Séralini, Christian Vélot, Corinne Lepage et Joël Spiroux se sont préparés à monter au créneau afin de répondre aux critiques et de lancer des contre-attaques. Mais il fallait aussi, de leur point de vue, montrer que Séralini n’était pas seul et bénéficiait de soutiens en France comme à l’étranger. Il fallait en outre que d’autres personnes ou structures non associées directement au CRIIGEN occupent le terrain médiatique et le buzz internet afin de contrebalancer l’avalanche de critiques, et surtout de donner l’impression que ceux qui venaient à la rescousse du chercheur de Caen étaient issus d’horizons très variés. Or, quand on y regarde de plus près, on se rend compte que la plupart des petits soldats dans cette guérilla anti-OGM sont, d’une manière ou d’une autre, liés à la Fondation pour le progrès de l’homme (FPH), un des principaux financeurs de l’étude Séralini.

Il est en effet établi que la FPH a donné environ 1 million d’euros au CRIIGEN pour mener cette étude. Et cela sans compter ce qu’elle a déboursé pour coproduire le documentaire (et le site associé) sur l’étude Séralini and Co, intitulé OGM, vers une alerte mondiale ? et qui a été diffusé sur France 5 le 16 octobre. De plus, cette fondation de droit suisse, dirigée par la famille Calame, alimente financièrement depuis des années plusieurs structures hostiles aux OGM et qui toutes se sont investies dans l’affaire Séralini. En voici quelques exemples.

Inf’OGM

Présidé au début par Jacques Testart et maintenant par Frédéric Jacquemart (président du GIET, subventionné par la FPH, et vice-président du Comité économique, éthique et social du Haut conseil des biotechnologies), Inf’OGM a été créé à l’initiative de la FPH en 1999. Cette association animée que par des militants anti-OGM a reçu depuis sa création environ 500.000 euros de la FPH. En pleine polémique sur l’étude du CRIIGEN, Inf’OGM a publié une brochure intitulée Expertise des OGM : l’évaluation tourne le dos à la science, dans laquelle l’association anti-OGM « a pris le parti d’éplucher quelques dossiers et de comparer les positions des experts lorsqu’ils sont en position de scientifiques et lorsqu’ils sont en position d’expert, pour montrer leurs contradictions ».

Fondation Sciences Citoyennes (FSC)

Présidé par Jacques Testart, la FSC a aussi comme administrateur Christian Vélot du CRIIGEN. La FSC a reçu depuis sa création en 2003 environ 700.000 euros de la FPH. Des responsables de la FSC ont publié plusieurs tribunes liées à l’affaire Séralini, notamment sur les questions liées aux lanceurs d’alerte et à l’expertise. Elle a aussi été impliquée, avec d’autres associations, dans la mise en place d’une pétition exigeant plus de transparence sur les données d’évaluation. Elle a également relayé la traduction française d’un texte de soutien à l’étude de Séralini provenant du Réseau de chercheurs européens engagés pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER), voir ci-dessous.

ENSSER

Présidé par Angelika Hilbeck, par ailleurs membre du comité scientifique du CRIIGEN, le Réseau de chercheurs européens engagés pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER) a aussi comme vice-président Christian Vélot. Créé récemment, l’ENSSER a reçu 20.000 euros de la FPH en 2011, ce qui représente plus de la moitié de son budget. L’ENSSER a fait circuler une lettre de soutien à Gilles-Eric Séralini, ainsi qu’une «  analyse de la publication et de la contre-compagne l’accompagnant ». Cette lettre a été signée par le coordinateur de l’ENSSER, Hartmut Meyer, par ailleurs l’un des responsables de l’association Testbiotech (voir ci-dessous).

Testbiotech

Dirigé notamment par Christoph Then, un ancien conseiller de Greenpeace, et Hartmut Meyer, Testbiotech a été fondé en 2008 pour critiquer l’évaluation des OGM telle qu’elle est réalisée actuellement. La FPH apparaît sur le site de Testbiotech comme l’un de ses financeurs. En octobre 2012, Testbiotech a publié un rapport sur les standards utilisés par l’EFSA pour évaluer l’étude Séralini sur les OGM, estimant que « les protocoles scientifiques mis en œuvre dans cette étude sont plus élevés que ceux des précédentes études évaluées par l’EFSA ».

Combat Monsanto

Créée à la suite du film Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin, l’association Combat Monsanto (et son site) a été créée notamment pas la Fondation Sciences Citoyennes, Greenpeace, Sherpa et les Amis de la Terre. Pour le lancement de Combat Monsanto, la FPH a octroyé un don de 170.000 euros. Le site Combat Monsanto a relayé de nombreux articles en soutien à Séralini. Benjamin Sourice, longtemps animateur de Combat Monsanto et de Sherpa (aussi financée par la FPH), a publié plusieurs articles concernant l’affaire Séralini sur son blog Rue89 spécialisé « sur les lanceurs d’alertes, les conflits d’intérêts d’experts et une recherche transparente ». Mais là, il n’y a pas d’éléments pouvant conclure qu’il agisse, cette fois-ci, en service commandé pour la FPH…

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