Le Rassemblement pour la planète et le magnat du pétrole

Les différents acteurs de la Conférence Environnementale pourraient penser que les associations écologistes qu’ils auront en face d’eux ne sont que des représentants de la « société civile », c’est-à-dire de simples citoyens soucieux de protéger l’environnement. Ce n’est pas toujours le cas, comme nous l’avons vu dans un billet précédent qui montre que le lobby de l’industrie bio est bien présent au sein du collectif d’associations écologistes Rassemblement pour la planète.

Autre exemple avec Green Cross France et Territoires (GCFT), également membre du Rassemblement pour la planète (décidément !). GCFT est la branche française de Green Cross International fondée en 1993 par Mikhaïl Gorbatchev, et est présente dans 31 pays. Sur le site Ecolopedia.fr, on apprend que Green Cross France a été fondée fin 2000 mais que son président Yves Paccalet démissionne avec fracas en 2008, mettant un terme à la vie de l’association. Il faut attendre septembre 2011 pour qu’une nouvelle branche française soit créée sous le nom de « Green Cross France et Territoires », avec à sa tête Jean-Michel Cousteau, un des administrateurs de la maison mère.

Qu’est-ce que cache ce pataquès ? En fait, c’est fortement lié à la nomination en 2008 du sulfureux milliardaire polonais Jan Kulczyk à la présidence du conseil d’administration de GCI. Yves Paccalet explique ainsi sa démission : « J’ai fait savoir à tous les groupes internationaux de Green Cross qu’à mes yeux, (Jan Kulczyk) n’était pas la bonne personne. Il crée à lui seul d’insolubles conflits d’intérêt. Selon ma conception du bon fonctionnement d’une ONG écologiste, Jan Kulczyk a trop d’intérêts financiers directs dans des secteurs industriels pollueurs (pétrole, automobile, etc.) pour diriger GCI. J’ai demandé, lors d’une réunion à Moscou, en mars 2008, que ce problème soit réglé, notamment par un abandon du poste de président par Jan Kulczyk et par un changement des statuts et du mode de gouvernance de GCI. Mes exigences sont restées sans réponse. » Eh oui, Kulczyk, dont la fortune est estimée à 2 milliards de dollars, est à la tête de Kulczyk Investments S.A. qui détient notamment Kulczyk Oil Ventures, une entreprise opérant dans le pétrole et le gaz. Le président de Green Cross International exploite donc du pétrole au Nigeria et en Syrie, construit des routes en Afghanistan, explore des gisements gaziers en Tanzanie, sans parler de ses intérêts dans la bière, dans les télécoms ou l’automobile.

Nadine Lauverjat, présidente du Rassemblement pour la planète, semble vouloir ignorer ce conflit d’intérêt soulevé par son collègue écolo Yves Paccalet. Comme souvent chez les écologistes, on voit la paille dans l’œil de celui qu’on combat, mais pas la poutre dans le sien.

 

Sources
http://fr.wikipedia.org/wiki/Green_Cross_International
http://gcft.fr/
http://www.ecolopedia.fr/?p=4992
http://www.yves-paccalet.fr/blog/2008/08/10/green-cross-france-demission/
http://www.hebdo.ch/le_miracle_polonais_161595_.html
http://www.kulczykoil.com/en/

 

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Commentaires
  1. karg se
    • yvesdemars
      • gunther
  2. Daniel