L’aveuglement de la mission d’information sur les pesticides au Sénat se poursuit.

On l’a vu (lire nos décryptages ici et ici), les sénateurs louent la seule agriculture biologique. Mais bizarrement, lorsque certaines personnes auditionnées évoquent la dangerosité des pesticides bio, les sénateurs ne posent aucune question. Circulez, y a rien à voir.


Ainsi M. Marcel Jeanson, agriculteur dans la Somme, évoque lors d’une audition le 17 avril dernier qu’il y « a davantage de résidus dans l’agriculture biologique : par exemple le cuivre». Un manque de réaction des sénateurs d’autant plus étonnant que le même jour, André Picot, toxicochimiste, directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) avait violemment tiré la sonnette d’alarme avec cette anecdote.

«Autre lieu, autre procès, en Alsace, à Colmar. Un cas extraordinaire. Une veuve a repris la tradition familiale d’élevage de moutons. Dans sa ferme, au-dessus de la plaine d’Alsace, des sources alimentaient le cheptel et l’habitation. Une mortalité inquiétante des moutons a fini par alerter un vétérinaire de Lyon : la couleur vert foncé des foies autopsiés signalait du cuivre. Des géologues de la réputée école de Nancy ont établi qu’il n’y a pas de cuivre en Alsace ! On s’est alors aperçu que des bouteilles contenant un mélange de pesticides connu sous le nom de bouillie bordelaise avaient été volontairement enterrées près des points d’eau. Outre la mort de 600 moutons, la mère de l’éleveuse est décédée d’une cirrhose, alors qu’elle n’avait jamais bu une goutte d’alcool de sa vie. Il faut savoir que le cuivre en excès est stocké dans le foie mais qu’on n’en décèle pas l’excès dans le sang. L’éleveuse est alors allée voir des toxicologues allemands, qui ont fait les bonnes analyses. C’est ainsi qu’a été découverte l’intoxication au cuivre. L’affaire est ensuite allée au pénal, un empoisonnement étant suspecté.
Le juge, opiniâtre, a suggéré à la plaignante de trouver un expert. Le cuivre est une substance dont la nocivité est connue depuis la nuit des temps. Les viticulteurs qui voulaient se débarrasser de leur voisin se passaient, paraît-il, le mot. Stocké dans le foie et les cartilages, le cuivre est difficilement décelable, et, en tout cas, pas au moyen d’une simple analyse de sang ».

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. Zygomar
  3. Alzine