Dominique Dron, cheval de Troie des faucheurs au sein du gouvernement ?

Haut fonctionnaire française, Dominique Dron est depuis le 2 mai 2011 responsable du Commissariat général au développement durable et de la Délégation interministérielle au développement durable. Brillante universitaire, elle a gravi rapidement les échelons jusqu’à devenir en 2007 conseillère de Corinne Lepage, puis de juillet 2007 à septembre 2010 conseillère auprès de Jean-Louis Borloo pour l’environnement. En octobre 1010, peu avant le départ de celui-ci du MEEDAD, elle quitte son cabinet pour être nommée directrice générale déléguée de l’IFREMER (éviction ?).
Elle revient donc en grâce en mai dernier en étant nommée Déléguée Interministérielle au Développement Durable et Commissaire générale au développement durable. A ce titre, elle a la haute main sur tout le suivi du Grenelle de l’environnement, qu’elle avait déjà comme conseillère de Borloo.

En revenant sur l’ensemble de son parcours dans les cabinets ministériels, on est en droit de se poser quelques questions notamment sur ses rapports avec les faucheurs volontaires.
En septembre 2007, en plein Grenelle de l’Environnement, Dominique Dron  publie dans Le Courrier de l’Environnement une « compilation incomplète et subjective » d’éléments à charge contre les OGM. Le seul « expert » français mentionné dans ce texte est…Gilles-Éric Séralini, militant bien connu de la cause anti-OGM, dont les travaux sur le sujet avaient pourtant été auparavant invalidés par la communauté scientifique.
En novembre 2008, Elle n’hésite pas à participer à un colloque organisé par la LDH (grands amis  des faucheurs) sur le thème « Les droits de l’Homme, condition d’un développement durable » (voir ici)
Mais c’est un épisode datant de septembre 2009 qui nous met la puce à oreille : deux semaines après une action des faucheurs à Montech (82), devant le centre de recherches du semencier Pioneer, Dominique Dron reçoit les faucheurs au ministère de l’écologie. Voici un extrait du compte-rendu de la réunion que ces mêmes faucheurs ont fait (voir ici). On est étonnée de ne voir aucune condamnation de leurs actions de la part de la conseillère quand le sujet des fauchages est abordé. Et sur les aspects scientifiques, elle semble se laisser berner par leur argumentation, plutôt bancale selon Gil Rivière-Wekstein (voir ici) :
Deux semaines après cette agitation médiatique, une délégation composée notamment de Guy Kastler, Jean-Baptiste Libouban et Michel Metz est reçue pendant deux heures par Dominique Dron, « au 18e étage de la paroi nord de l’Arche de la Défense ». Occasion pour les militants d’apporter à la conseillère de Jean- Louis Borloo un argumentaire amalgamant mutagenèse et transgenèse (effets non intentionnels, contamination, développement de résistances…), mais surtout d’avancer toute une argumentation contre l’usage des herbicides en général. Une thématique à laquelle Dominique Dron est visiblement très sensible. À en croire Guy Kastler, la véritable agronomie consisterait à exclure tout usage de produits phytosanitaires au profit des rotations de cultures, du désherbage mécanique et des variétés anciennes. « Un peu de terre, un peu d’eau et les mains des paysans suffisent », affirme-t-il, en guerre contre toute innovation. On peut comprendre un tel discours de la part d’un adepte du retour à la terre. Mais que ces propos soient applaudis dans les couloirs du ministère de l’Écologie est plus surprenant. »
Quelle rôle va-t-elle jouer à l’avenir ? Avec le départ de NKM du ministère, il est vraisemblable qu’elle ait encore plus la mainmise sur tous les sujets sensibles…On sait en tout cas qu’elle a une oreille attentive, voire complaisante aux discours des faucheurs.

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Catégorie : Décodage politique