PS / EELV : la saga continue

C’est une vraie saga que nous servent le PS et EELV depuis le début de la semaine. Entre les imbroglio (et le mot est faible) sur le nucléaire et les débats qui agitent le parachutage de Cécile Duflot à Paris (voir vidéo ci-dessous), c’est une semaine un peu folle à laquelle nous avons assisté.

Et comme dit le proverbe, « jamais deux sans trois ». Guillaume Tabard, rédacteur en chef adjoint aux Echos n’a pas manqué de tirer les leçons de cette saga qui comme les grands succès littéraires ou cinématographiques n’est pas encore terminée. On attend déjà la suite avec impatience…

Suite du feuilleton entre les Verts et le PS. Finalement, un accord a été trouvé. Quelles leçons tirer de cette semaine folle ?

La première leçon, c’est que François Hollande va avoir intérêt à serrer les boulons. Car même si à l’arrivée, et au prix de subtilités sémantiques qui satisfont tout le monde mais ne trompent personne, une rédaction commune a été trouvée sur la fabrication du Mox, l’épisode révèle une part d’improvisation ou d’approximation un peu inquiétante. Il semblerait qu’au sein même de l’équipe du candidat socialiste, il y ait eu des divergences d’appréciation entre les plus durs à l’égard des Verts, comme Manuel Valls ou Stéphane Le Foll, et les plus conciliants, comme Michel Sapin, l’un des négociateurs du texte

Cette affaire est ensuite un test de l’autorité de François Hollande, de sa capacité à trancher. On a vu, notamment mercredi soir à la télévision, un candidat ferme, privilégiant la « cohérence » de son projet – c’est son maître mot à la recherche à tout prix d’un accord avec ses partenaires. Mais en même temps, il a consenti in fine à des concessions.

D’une manière générale, François Hollande a traversé une phase de turbulence : difficulté à trouver le ton juste lors du G20 face à Nicolas Sarkozy, attaques en piqué de Jean-Luc Mélenchon, imbroglio sur le nucléaire. Ses proches guettent avec impatience les sondages prévus la semaine pour voir comment le candidat résiste à cette première épreuve.

Autre leçon de la semaine : les embarras avec les Verts ne sont pas finis, en raison des négociations électorales. Soixante promises aux Verts, c’est autant de bombes annoncées avec les socialistes, dont beaucoup de députés sortants qui n’entendent pas se sacrifier sur l’autel d’un accord national. On le voit à Paris avec Cécile Duflot, à Lyon avec Philippe Mérieu. On a appris hier que Marie Bové allait se présenter à Bordeaux contre Alain Juppé, donc là encore à la place d’une socialiste sortante Michèle Delaunay. C’est d’ailleurs curieux, cette manie des Verts, chantre de la parité, d’aller piquer la place des rares femmes sortantes.

Tout cela peut-il faire le jeu de Nicolas Sarkozy et de la droite ?
Exploiter les embarras du camp d’en face, c’est le b-a-ba de la politique. Donc le chantage des Verts sur le nucléaire est aujourd’hui l’angle d’attaque privilégié de l’UMP. C’est ce qu’a fait Jean-François Copé hier sur France 2. Le patron de l’UMP devait d’ailleurs débattre avec Eva Joly. Mais, agacée par le compromis avec le PS dont elle a été tenue à l’écart, la candidate écologiste boude et annulé tous ses rendez-vous medias.
Nicolas Sarkozy aussi est monté au front. Il n’est pas encore candidat ; officiellement, il n’est que président. Et c’est donc en président qu’il s’est posé en défenseur de la filière nucléaire, assumée et défendue par tous les présidents successifs, François Mitterrand compromis. Une filière, donc, qu’il ne laissera pas « brader », a-t-il dit.

Au lendemain de Fukushima, l’étendard de la peur brandi par les écologistes avait trouvé un écho réel dans l’opinion. Mais là, en pleine crise, la majorité met en avant deux arguments auxquels la même opinion est davantage sensible aujourd’hui : l’emploi et le pouvoir d’achat. L’emploi parce que, même s’il y a une querelle sur les chiffres, la filière nucléaire avec tout ce qu’elle implique, c’est à coup sûr plusieurs centaines de milliers d’emplois. Le pouvoir d’achat parce que le recul du nucléaire, c’est là encore à coup sûr une hausse du prix de l’énergie pour les Français. Deux arguments que François Hollande devra aussi prendre en compte.

 

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Commentaires
  1. yvesdemars
    • Karg
  2. Laurent Berthod
  3. Zygomar
    • Laurent Berthod
      • JG2433
  4. Zygomar
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