Joly et Hulot, parrains de la Fondation René Dumont

Le jeudi 9 juin 2011 était rendu un hommage à l’agronome écologiste René Dumont, décédé il y a juste dix ans. Auteur de L’utopie ou la mort, René Dumont est considéré comme un des précurseurs de l’écologisme et a été le premier candidat écologiste à une présidentielle française en 1974. Cet hommage a été organisé par la Fondation René Dumont, présidée par Marc Dufumier, l’agronome écolo au service de la Fondation Hulot. Diverses personnalités font partie du comité de parrainage de cette Fondation dont Cabu, Denis Cheissoux, Yves Cochet, Daniel Cohn-Bendit, Marc Jolivet, Brice Lalonde, Jean-Marie Pelt, Jacques Testart, Dominique Voynet ou Antoine Waechter. Mais parmi les parrains, il y a aussi Eva Joly et Nicolas Hulot, les deux prétendants à l’investiture écologiste pour la prochaine présidentielle ! Il s’agit peut-être de la récup’ de la part de Hulot et Joly qui s’efforcent d’asseoir une légitimité parmi les partisans de l’écologie politique. Toutefois, René Dumont n’est pas seulement l’image de l’homme au pull-over rouge qui, lors de sa campagne présidentielle, avait bu un verre d’eau à la télévision, avertissant que « nous allons bientôt manquer de l’eau ». D’une part, René Dumont s’extasiait devant le modèle chinois de Mao Tsé-toung dont il vantait le modèle éducatif : « Dès 10 ans, les écoles chinoises organisent des ateliers, dont la production est vendue. Voici donc des enfants qui participent à la production, ne sont plus des parasites, et se montrent au contraire très fiers de collaborer déjà à la construction du socialisme ». D’autre part, l’engagement principal de René Dumont, durant toute sa vie, a été de lutter contre « l’explosion démographique ». Hulot et Joly, en tant que parrains de la Fondation René Dumont, sont-ils prêts aussi à revendiquer cet héritage, comme le font par ailleurs Yves Cochet ou Antoine Waechter ? Petit rappel des idées écolo-malthusiennes défendues par René Dumont pour certains écologistes qui auraient la mémoire courte.

Dès 1973, René Dumont proposait des mesures radicales pour réduire la population dans son célèbre L’Utopie ou la mort : « Il serait possible, surtout quand les méthodes contraceptives et d’avortement précoce auront fait des progrès décisifs, de n’autoriser qu’une natalité compensant exactement la mortalité, donc d’atteindre vite la croissance zéro, si on employait des méthodes autoritaires – que le danger mondial permettrait de justifier », n’hésitant pas à ajouter que « l’abandon des petites filles dans les familles pauvres chinoises, ou l’avortement systématique au Japon, avant 1869 comme après 1945, peuvent être, à la lumière de nos récentes observations, considérés comme des mesures comportant une certaine sagesse. » Il précise que dans sa société idéale, « la famille nombreuse y serait bientôt déconsidérée, avant même d’être pénalisée, puis interdite ». Lors d’une émission pendant sa campagne présidentielle de 1974, il fait de la lutte contre la surpopulation sa priorité : « Je vais vous parler ce soir du plus grave des dangers qui menace notre avenir, celui de la surpopulation, tant dans le monde qu’en France. (…) Il y a déjà trop d’hommes à la surface du monde, il y a déjà trop d’hommes surtout dans le tiers monde. » Ses convictions écolo-malthusiennes, René Dumont les a gardées jusqu’à la fin de sa vie. En 1986, il écrivait dans Pour l’Afrique, j’accuse : « La plus grave menace pour l’avenir de l’humanité reste l’explosion démographique, la prolifération du plus redoutable prédateur, l’homme, sur une “petite planète”. (…). Notre « petite planète » n’est pas capable de supporter longtemps les conséquences d’une surpopulation délirante et de l’activité industrielle incontrôlée de notre société de consommation, qui épuise les ressources rares non renouvelables de cette terre, et qui pollue, défigure et finalement détruit une large part d’un écosystème – dont nous faisons partie. » Treize ans plus tard, en 1999, il récidivait dans la revue Politis : « Le XXe siècle est un siècle maudit. Il n’y a jamais eu autant de conneries que durant ce siècle. La première étant l’explosion démographique. »

Pour conclure, laissons la parole à Jean-Paul Besset, bras droit de Nicolas Hulot mais surtout auteur d’une véritable hagiographie de l’agronome René Dumont : « Il n’y a bien que Dumont pour reprendre l’héritage de Malthus au moment où l’humanité, de tous côtés, se précipite dans une fuite éperdue en avant, et avertir que l’accroissement excessif de population conduit fatalement à une crise de subsistance. (…) Comme l’annonçait l’agronome, la “bombe à retardement” a frappé. L’excès démographique surdétermine toutes les autres crises, économique, sociale et écologique. »

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Commentaires
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