Coup de projecteur sur les anti-ondes !

Depuis le début de la semaine, Paul Benkimoun, journaliste au Monde, s’intéresse de près aux radiofréquences et à leur impact supposé sur la santé. Il vient en effet de signer deux articles importants (près de 500 mots chacuns) dans le quotidien du soir : « Les experts divisés sur le risque cancérigène des radiofréquences » et « Radiofréquences : un conflit d’intérêts évité de justesse ». C’est l’association Priartem, très active dans ce combat aux côtés de Robin des Toits et d’Agir pour l’Environnement, qui est à l’origine de cette couverture médiatique très forte. Les retombées médiatiques entrainant les retombées, l’AFP se saisit maintenant de l’actu : « Plusieurs dizaines d’experts internationaux, réunis à Lyon sous l’oeil vigilant et soupçonneux d’associations, et en présence des industriels, vont essayer d’établir si les téléphones portables et les antennes-relais peuvent faire courir des risques de cancer. Les attentes sont importantes, les passions à vif et les intérêts économiques énormes. La réunion, entamée mardi et qui va durer une semaine, a été organisée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dont le siège est à Lyon. »

Les ONG n’ont bien entendu pas manqué d’enquêter sur les membres du groupe de travail et ont trouvé, comme souvent, des liens avec l’industrie, aussitôt assimilé à des conflits d’intérêts. « Un des experts, Anders Ahlbom, de l’Institut Karolinska de Suède, a été exclu du groupe de travail, étant au conseil d’administration d’une société de conseil travaillant auprès d’entreprises de télécommunications. Le Pr Ahlbom a refusé de venir à titre de simple « spécialiste invité », qui peut intervenir dans les discussions mais ne peut participer aux évaluations. Les associations Priartem et Agir pour l’environnement ont applaudi à cette décision, montrant une volonté de l’OMS de « mettre en oeuvre des procédures d’expertise plus vertueuses et du même coup moins contestables ». Un autre expert, René de Sèze, de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), a admis avoir reçu des subventions importantes (plus de 100.000 euros, jusqu’en 2009) de la Fondation santé et radiofréquences, dont la moitié du budget provient de l’industrie du secteur. Mais il a été maintenu au groupe d’experts. Priartem et Agir pour l’environnement se sont aussi félicitées de la présence parmi les experts de l’oncologue suédois Lennart Hardell, qui a souvent mis en évidence les risques du portable, notamment pour les jeunes. Elles ont en revanche fortement regretté la non-publication des déclarations d’intérêt. Dans une lettre ouverte au Dr Wild, des scientifiques de différents pays, soutenus par l’Alliance internationale des fréquences électromagnétiques (IEMFA), ont manifesté le même regret, et ils ont craint que la présence d' »observateurs » de l’industrie n’ait un effet « d’intimidation » sur des chercheurs toujours en quête de soutiens financiers. »

Difficile de résoudre ce problème car les plupart des scientifiques compétents ont à un moment de leur carrière été sollicité par un programme de recherche associant « l’industrie ». Difficile de faire autrement. Et que dire des « experts » qui ont pour leur part des liens parfois très forts avec des ONG dont le militantisme est imcompatible avec une recherche scientifique réellement « indépendante ».

En tous les cas, les pauvres ONG ont les faveurs des grands médias qui donnent un fort retentissement à leur action et leur permettent ainsi de poursuivre leurs opérations d’agit prop’.

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. Bruno
  3. La Coupe Est Pleine