Redorer l’image de la science

La France n’est jamais à un paradoxe près. Au collège et au lycée, le baccalauréat scientifique attire traditionnellement les meilleurs élèves. Un bac S a en effet la réputation de fermer moins de portes pour les études que les autres filières du bac. Lorsqu’un élève de seconde ne sait pas encore quelle orientation choisir, il va donc en 1ère S, à la condition bien entendu d’être bon élève.

Mais cet attrait, par défaut, pour les filières scientifiques ne fait pas de vieux os après le lycée. Conséquence : notre pays est à la peine sur le plan scientifique. La France vient ainsi de perdre une place dans le classement des pays de l’UE pour la capacité scientifique. Rétrogradée de la 10ème à la 11ème place, la France « est sur une pente dangereuse » selon Maurice Tubiana. Le Profeseur de médecine et membre de l’Institut signe ainsi une tribune ce matin dans Le Figaro intitulée « Croire en la science ». Il y regrette sans détour le refus chez certains de nos compatriotes du progrès :

« En France, la science à une image négative dans l’opinion et n’attire plus les jeunes. Elle est le seul pays où des magistrats, sans formation scientifique et sans recours à des experts compétents, relâchent, en toute bonne foi, les « faucheurs volontaires » d’OGM qui détruisent impunément le travail des chercheurs ; où ils ordonnent le démantèlement d’antennes relais de téléphonie mobile, non seulement sans la moindre preuve scientifique, mais alors que toutes les autorités scientifiques dans le monde s’accordent sur leur innocuité.

C’est par le même déni de la science qu’on a interdit la vaccination contre l’hépatite B, accusé des insecticides de nuire aux abeilles au lieu d’accepter l’origine virale de leurs troubles ; où l’on a préféré laisser se propager l’épidémie de chikungunya à la Réunion plutôt que d’utiliser des insecticides accusés sans preuve d’être dangereux. Sans parler des gaspillages de la vaccination contre la grippe A ou de la lutte contre la maladie de la vache folle (93 milliards d’euros). La stratégie de ceux qui accusent la science de tous les maux est toujours la même : faire peur en invoquant des incertitudes et en évoquant des risques apocalyptiques. Le résultat est à la hauteur de la désinformation du public et de l’impuissance des pouvoirs publics à redresser la situation.« 

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Commentaires
  1. zygomar
  2. ecolo en colère
  3. Daniel
  4. raul-hugues
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