Marie-Monique Robin est partout !

Alors que son documentaire « Notre poison quotidien » sera diffusé ce soir sur Arte, Marie-Monique Robin n’en finit plus de répondre aux médias. Libération consacre ainsi une pleine page à son documentaire, « Un docu dur à digérer » et une page à une interview croisée entre MMR et Jean-Charles Bocquet de l’UIPP. Mêm son de cloche dans le dernier numéro du supplément TV du Monde avec un article au titre évocateur, « Nos assiettes nous empoisonnent ». Signalons tout de même que ce dernier article est accompagné d’un petit encart qui fait légèrement contre poids à la déferlante de documentaires anxiogènes, « Une profusion au risque d’affoler », dans lequel la parole est donné au Dr Laurent Chevalier, auteur de « Je maigris sain, je mange bien » chez Fayard. Selon Le Monde, il « dénonce cette cacophonie nutritionnelle, « savemment entretenue » selon lui. « C’est son but : exaspérer pour qu’on finisse par se dire « de toutes façons on ne peut plus rien manger », ce qui est le meilleur état d’esprit pour se laisser manipuler. » »

Enfin, signalons la mise en ligne sur le site ecolopedia d’une fiche consacrée à Marie-Monique Robin :

Depuis son documentaire et son livre Le Monde selon Monsanto (2008), Marie-Monique Robin est devenue un personnage important dans le milieu de l’écologisme militant. Elle ne le cache pas puisqu’en sortant son film sur Monsanto, elle avait déclaré : «J’espère qu’il servira à alimenter un débat enfin sérieux sur les OGM, et qu’en France, il contribuera à en interdire la culture et la consommation.» Ce statut de militante écologiste s’est encore renforcé avec son dernier documentaire – Notre poison quotidien – dans lequel elle dénonce la présence de produits chimiques dans la chaîne alimentaire qu’elle accuse d’être responsables du développement des maladies chroniques dans les pays industrialisés. En outre, elle parcourt la France et d’autres pays afin de participer à des projections-débats et prêcher ses convictions.

L’intérêt récent de Marie-Monique Robin pour les questions d’environnement s’inscrit dans un engagement plus large que l’on peut assimiler à la gauche altermondialiste. Dans sa jeunesse, elle s’est beaucoup identifiée aux pays d’Amérique latine (où elle s’est rendue plus de 80 fois), et les conflits qui les ont opposé aux Etats-Unis, au point même de participer à une brigade de solidarité au Nicaragua. Ce qui peut expliquer son aversion pour les Etats-Unis et les multinationales, et sa connivence avec les milieux de défense des droits de l’homme, comme la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), et des personnalités comme William Bourdon, son avocat, responsable de l’association Sherpa et ancien responsable de la FIDH. Elle a aussi une certaine complicité avec François Gèze, patron des éditions de La Découverte, décrit par un journal altermondialiste comme «militant de la première heure des luttes révolutionnaires qui ont marqué l’époque».

Avec le courant altermondialiste, elle partage souvent une vision conspirationniste et manichéenne du monde. Elle voit notamment la firme Monsanto derrière «un vaste projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde, mais aussi l’équilibre écologique de la planète, et qui s’inscrit dans la droite ligne de l’histoire sulfureuse de Monsanto, dont il constituerait même l’apogée». Elle considère aussi que toutes les instances d’évaluation sont corrompues, infiltrées par des scientifiques au service des multinationales de l’agrochimie.

Enfin, concernant son travail, il avait été durement critiqué par le jury Albert Londres à propos de son reportage Voleur d’yeux : «Marie Monique Robin nous semble s’être laissée porter par l’émotion. A la fois discutable et honorable, cette émotion a contribué à influencer son regard comme son langage. Son reportage est ainsi devenu trop souvent une démonstration, l’illustration d’une thèse.» En effet, la grande habilité de Marie-Monique Robin est de mener des enquêtes minutieuses, mais en gardant seulement les faits qui confirment sa thèse et en excluant tout ce qui pourrait la contredire.

 

Parcours

Fille d’agriculteurs militants dans la Jeunesse agricole catholique, Marie-Monique Robin étudie les Sciences Politiques à l’Université de Saarbrücken et est diplômée du Centre universitaire d’enseignement du journalisme de Strasbourg. Très rapidement, elle s’engage, avec un intérêt particulier pour l’Amérique du Sud et Cuba. Elle participe notamment à une brigade de solidarité au Nicaragua. Elle débute sa carrière de journaliste à France 3 Région entre 1983 et 1986, puis en tant que journaliste indépendante à Point du Jour, Gamma TV et VI Presse. En 1990, elle rejoint l’agence CAPA. C’est à cette époque qu’elle réalise un documentaire sur le trafic d’organes – Voleur d’yeux – qui défrayera aussi la chronique, puisque certains contesteront le cas, présenté dans le film, d’un enfant colombien à qui les yeux auraient été soustrait. Malgré ces péripéties et en raison de sa bonne foi, Marie-Monique Robin reçoit le prix Albert Londres pour ce reportage. En 1999, elle publie Les 100 photos du siècle, qui sera un véritable succès de librairie avec 680.000 exemplaires vendus dans sept langues. Entre 1999 et 2001, elle travaille pour Point du Jour avant de redevenir journaliste indépendante. Depuis 1989, elle a réalisé une quarantaine de films d’investigation et obtenu une trentaine de prix. Elle aborde souvent des sujets polémiques comme le trafic d’organes (Voleur d’yeux, 1993), l’implication de l’armée française dans l’Opération Condor (Escadrons de la mort, l’école française, 2003) ou la torture aux Etats-Unis (Torture made in USA, 2009). Depuis 2004, Marie-Monique Robin s’intéresse plus particulièrement aux menaces qui pèsent sur la biodiversité et à l’appropriation du vivant par les géants de la biotechnologie, en réalisant trois documentaires sur ce sujet : Les pirates du vivant (2005), Blé : chronique d’une mort annoncée (2005) et Le monde selon Monsanto (2008). Ce dernier a connu un vif succès puisqu’il a été vu par 1,4 million de personnes, lors de sa diffusion sur Arte. Son DVD s’est vendu à plus 50.000 exemplaires et son livre éponyme, préfacé par Nicolas Hulot, a été vendu à plus de 100.000 exemplaires et traduit dans une quinzaine de langues. Dans cette dynamique, et grâce notamment au financement de la Fondation pour le progrès de l’homme, un collectif d’associations regroupant Greenpeace, les Amis de la Terre, ATTAC, Fondation Sciences Citoyennes, Sherpa et Via Campesina, a créé un site «combat-monsanto.org» afin de réunir un maximum d’informations contre la firme de Saint-Louis. Depuis 2004 également, elle a entamé une collaboration étroite avec les éditions La Découverte, très marquée à gauche, qui ont publié trois de ses livres. Le 15 mars, son nouveau film – Notre poison quotidien – est diffusé sur Arte. Elle y affirme que les traces infimes de produits chimiques retrouvés dans la chaîne alimentaire sont responsables du développement des maladies chroniques dans les pays industrialisés. Comme avec Le monde selon Monsanto, elle bénéficie pour ce documentaire d’une très importante couverture médiatique.

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