FNE : opération manipulation

« 40.000 morts par pollution de l’air : le diésel responsable mais pas coupable ? » Le titre du communiqué de FNE publié il y a quelques jours résume à lui seul la communication de l’ONG. L’emploi du point d’interrogation permet à FNE de se dédouaner en cas de besoin mais l’effet recherché est pourtant là : sus au diésel !

Et la suite n’a rien de surprenant. Comme souvent chez les ONG, il faut justifier sa prise de parole. Quoi de plus pratique que les Institutions Européennes. Mal connues des français, elles offrent à qui veut une accroche pour communiquer et montrer qu’on est au cœur de l’actualité. Illustration avec FNE : « Alors même que plusieurs régions françaises connaissent actuellement un épisode de pollution atmosphérique avec un niveau élevé de particules dans l’air, la Commission Européenne devrait décider de poursuivre la France devant la Cour de Justice de l’Union Européenne pour non respect des normes communautaires en matière de qualité de l’air ». On appréciera l’utilisation du conditionnel, « devrait décider de… »

Mais FNE va encore plus loin et affirme en intertitre que « le lien entre particules et surmortalité est établi ». Tout est dit. FNE poursuit : « Les particules fines peuvent provoquer des bronchiolites, de l’asthme, des maladies respiratoires (similaires à celles rencontrées par les fumeurs), des problèmes cardiovasculaires, des cancers du poumon et des voies respiratoires hautes, et entrainer une mort prématurée. » Désormais, les fumeurs ne craignent plus rien. Lorsqu’un fumeur tombe malade, ce n’est pas à cause de la cigarette mais des particules !

Mais FNE, à ce stade de la démonstration, est bien obligé de faire intervenir une « caution scientifique » forcément « indépendante ». Et voilà José Cambou. Qui est-ce ? Il est « pilote (sic !) du Réseau Environnement Santé ». Gage de crédibilité pour qui ignore qui se cachent derrière le RES. Et selon José Cambou, « Une étude de 1999 menées par divers organismes dont l’Institut National de Veille Sanitaire et coordonnée par l’ADEME prouvait déjà que sur les 30.000 décès annuels prématurés en France, liés aux niveaux de concentration en PM10, 18.000 étaient dus aux transports, soit 60% du total. Depuis, les émissions n’ont pas cessé d’augmenter (40.000 décès en 2010 d’après le Ministère de l’Environnement) ».

Merci pour cette brillante analyse qui démontre la malhonnêteté du titre du communiqué de FNE (« 40.000 morts par pollution de l’air : le diésel responsable mais pas coupable ? »). Car pour aboutir à ce titre, FNE a repris le rapport de 1999 et l’a mis à jour en quelque sorte avec les chiffres 2010 du Ministère de l’Ecologie (et non de l’environnement soit dit en passant). Ce qui ferait donc 60% de 40.000 soit 24.000 décès attribués aux transports. On divise presque par deux la responsabilité des transports sans identifier la part du diésel dans cette affaire.

Mais surtout, si FNE propose dans son communiqué un lien vers l’étude de 1999 (ou plutôt vers le communiqué de presse de présentation de cette étude), l’ONG sait pertinemment que rares seront les journalistes qui iront lire un communiqué sur une étude vieille de plus de 10 ans. On y lit pourtant, en gras, que « les résultats de cette évaluation doivent être interprétés avec prudence dans la mesure où il persiste de nombreux facteurs d’incertitude difficiles à quantifier. »

Voilà les raccourcis utilisés par une des plus influente ONG verte en France dans ses opérations de communication presse qui s’apparente davantage à de la manipulation.

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Commentaires
  1. René
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