Intox médias

Belle illustration dans La Nouvelle République ce matin d’intoxication médiatique. Un article du quotidien revient sur une réunion qui s’est tenu hier sur l’origine des mortalités d’abeilles. Intitulé « Les solutions pour enrayer le déclin des abeilles », l’article cite abondamment Axel Decourtye de l’ACTA (institut technique) et spécialiste des abeilles et de la pollinisation. Selon lui, « Il est un peu facile de faire porter toute la responsabilité du déclin des abeilles aux agriculteurs et de se limiter à les traiter de pollueurs. On bénéficie tous de l’évolution des pesticides : les agriculteurs ont répondu, à un moment donné, à notre demande de consommer des produits avec une sécurité sanitaire. Aujourd’hui, on a conscience qu’on doit changer nos modes de production et prendre en compte les abeilles. (…)On peine à mettre un facteur sur un diagnostic. Outre les pesticides, les fertilisants et les herbicides, on pourrait aussi évoquer l’apparition de pathologies, de prédateurs, des problèmes alimentaires, les changements climatiques, la modification des paysages. »

On comprend donc que face à une crise d’origine multifactorielle, il est indispensable de rester prudent. Cela n’empêche pas La Nouvelle République de céder à Béatrice Robrolle, la médiatique président de Terre d’Abeilles. Acte 1 : la caution scientifique. Béatrice Robrolle commence par expliquer qu’elle ne peut assister à la conférence d’Axel Decourtye étant retenue à Paris pour un colloque au CNRS. On jurerait que c’est une scientifique de haut vol. Et elle enchaîne justement sur le volet scientifique. Selon elle, « La démonstration scientifique de la responsabilité des pesticides sur la disparition des pollinisateurs à travers le monde est établie et confirmée depuis les congrès internationaux qui se sont tenus à Montpellier, en septembre 2009, et en Pennsylvanie (États-Unis), en juillet 2010. » Pourtant, à l’époque, Le Monde avait sous la plume de Gaëlle Dupont publié un article fracassant sur l’origine multifactorielle des mortalités d’abeilles.  Acte 2 : le business de la peur et la généralisation. « La médiatisation du dossier du Mediator rend accessible à tout le monde le processus d’autorisation de mise sur le marché de ces produits » Et voilà, elle nous ressort le coup du Mediator ! Ca coûte rien, ça fait peur et ça s’intègre parfaitement dans son argumentaire. Encore un peu et on apprendra que Servier fabrique des phytos. Acte 3 : l’effet d’annonce. Il faut bien être crédible. Alors,  selon La Nouvelle République, Terre d’Abeilles « exige des protocoles d’évaluation plus rigoureux, une contre-expertise indépendante avec des experts compétents, l’indépendance des prescripteurs et une législation très sévère en matière d’utilisation des pesticides. » Acte 4 : la dimension politique. Béatrice Robrolle a bien compris que pour peser médiatiquement, il faut peser politiquement… et vice versa. L’article nous apprend donc que Béatrice Robrolle a rencontré un parlementaire il y a 3 semaines. Pour gonfler l’affaire, Jean-Pierre Sueur n’est pas simplement présenté comme parlementaire mais comme « vice-président national de la commission des lois ». Et qu’est-il sorti de ce rendez-vous ? La promesse, habituelle chez les parlementaires, de poser une question écrite au ministre. Ce qui se traduit dans le quotidien par « Ce dernier doit remette deux questions écrites au ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. « La première évoque l’encadrement de l’utilisation des pesticides ; la seconde, l’homologation des pesticides. L’objectif est de parvenir à un projet de loi pour réglementer tout ça. » »

 

Et ce n’est pas tout. Le « billet du jour » de La Nouvelle République donne le ton de la rédaction. Dommage que certains journalistes se permettent d’affirmer des faits sans preuves. Bel exemple d’intoxication des abeilles. Médiatique.

Chimie du sacrifice

Combien faudra-t-il de drames pour que notre société prenne enfin la mesure du scandale lié à l’utilisation des pesticides ? Ils polluent la terre, l’eau et même l’air que nous respirons. Les pollinisateurs sont les premières victimes, les abeilles meurent quasiment en direct. Chez l’homme, l’effet est plus insidieux : malformations, cancers, problèmes de stérilité… On promet de mettre en place une réglementation et puis fondent les bonnes intentions face aux réalités économiques. Le consommateur, lui, ne regarde pas au prix lorsqu’il s’agit d’acheter du miel, c’est son produit préféré.

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