Dénoncer l’écocatastrophisme

C’est ce que tente de faire, non sans un certain courage, Yvette Veyret dans un ouvrage collectif co-signé par une quinzaine de géographes, « Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête » (JC Lattès). Agrégée de géographie et Professeur émérite à Paris X, Yvette Veyret s’en prend à l’écocatastrophisme véhiculé par les médias qui va selon elle à l’encontre même du développement durable.

« Je condamne cette vision très négative portée par les pays nantis qui considère que l’homme et lui seul est responsable de tous les maux qui affectent la planète. Beaucoup de personne très connues des médias en font leur fond de commerce. On culpabilise l’opinion, on prône le retour en arrière, la décroissance, on veut interdire aux gens du Sud de couper leur forêt… Mais de quel droit obligerait-on les Brésiliens ou les Chinois à manger froid parce qu’ils doivent protéger leur nature ? Des mesures sont à prendre pour ménager la qualité de l’eau, la biodiversité, mais il faut accepter que les hommes puissent vivre au Sud comme au Nord. Quand je relis les textes de Cousteau qui disait que pour sauver l’humanité il fallait supprimer 350.000 personnes chaque jour, je suis scandalisée car cet homme a été le phare de toute une génération. »

Et ce n’est pas tout. Yvette Veyret n’oublie pas de donner son avis tranché sur le rôle joué par les ONG dans cet écocatastrophisme. « Il y a la volet lucratif : le budget du WWF est plus important que celui de Madagascar. Si cette ONG décide de retirer ses billes, l’Etat malgache se retrouve dans une impasse. »

Source : L’Est Républicain (29/12/2010)

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