L’indépendance en question

« Indépendant ». C’est le qualificatif préféré des « experts » environnementalistes, des ONG ou bien encore des « lanceurs d’alerte »… Pour tous ces « chevaliers blancs de l’écologie » en croisade contre l’agriculture non bio accusée d’être productiviste et sale.

Pour ces militants en vogue, la source de financement influence nécessairement l’action d’un scientifique, d’un média ou d’une association (à l’exception des ONG, bien entendu).

Lassé de voir les journaux et les tribunes de colloques envahis par les « publications » de Gilles-Eric Séralini sur les OGM, Marc Fellous, Président de l’Association Français pour les Biotechnologies Végétales, a pointé à son tour du doigt les sources de financement de Gilles-Eric Séralini : Carrefour, Greenpeace, Fondation pour le Progrès de l’Homme… Arroseur arrosé, Gilles-Eric Séralini a immédiatement attaqué Marc Fellous pour diffamation, conscient du danger que représentaient les accusations de Marc Fellous et de leurs conséquences sur l’argument fétiche des écologistes.

Et pour L’Express qui lui consacre un portrait dans son dernier numéro publié ce matin, « Gilles-Eric Séralini peut respirer : il a lavé l’affront ». L’hebdomadaire va plus loin en affirmant Séralini « a obtenu gain de cause et fait condamner Marc Fellous pour diffamation à 1 000 euros d’amende. Une première dans ce domaine, qui lui a permis de faire la preuve de sa probité intellectuelle. »

Problème, L’Express va un peu vite en besogne sur le délibéré rendu le 18 janvier dernier. En effet, Gilles-Eric Séralini a bien remporté le procès mais sur un seul aspect, celui de la remise en cause de sa « probité intellectuelle ». Sur le fond du dossier, Séralini a été débouté ; la justice s’étant déclarée incompétente pour juger de la qualité de sont travail scientifique. Dommage que les médias se contentent de raccourcis.

Autre réaction, celle de CAP 21. Le parti de Corinne Lepage, avocate de Séralini dans cette affaire, « se réjouit que le lanceur l’alerte anti-OGM Gilles Eric Séralini gagne son procès en diffamation contre l’AFBV. (…) Cap21 considère que la condamnation de l’AFBV, qui effectue un fort lobbying en faveur des OGM, est un symbole fort qui va renforcer le droit des lanceurs d’alerte qui doivent jouer un rôle important dans une civilisation où les technologies et les intérêts financiers oublient souvent les principes de précautions élémentaires. Les récents scandales sur le médiator par exemple démontrent qu’il est indispensable d’écouter plus attentivement les lanceurs d’alerte et de mettre en place des organes de contrôle indépendants financés sur des fonds publics. »

Plus c’est gros, plus ça passe. Les militants écologistes ont aujourd’hui trouvé une comparaison encore plus médiatiquement porteuse que Monsanto, Servier et l’affaire du Mediator. On se demande juste ce que vient faire le Mediator dans un commentaire sur le procès Séralini-Fellous dont le délibéré porte sur la forme et non sur le fond.

Mais les conséquences de ce procès risquent fort de se retourner vers la bande à Séralini qui ne pourra plus désormais remettre en question des publications dont une partie serait financée par le secteur privé. C’est l’effet boomerang développé par Agriculture et Environnement.

email
Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. zygomar
  3. zygomar
  4. zygomar
  5. zygomar
  6. Laurent Berthod
    • zygomar
  7. pecqror
  8. zygomar
  9. zygomar
  10. Berny
  11. wackes seppi
    • tybert
  12. Astre Noir
    • Daniel
  13. zygomar
  14. Daniel
  15. Laurent
  16. karg
  17. alzine
    • JG2433
      • JG2433
  18. wackes seppi
  19. zygomar
  20. Laurent Berthod
  21. aubarecy jean
    • Laurent Berthod
  22. aubarecy jean
    • Laurent Berthod
  23. alzine
    • JG2433
      • Daniel
  24. Laurent Berthod
  25. Laurent Berthod