Bien utiliser les medias : par E. Seralini

On le saura, M.Seralini, chercheur et militant anti-OGM, est en conflit avec l’AFBV (Association française de Biotechnologie végétale). Si E. Seralini excelle dans un domaine, c’est celui de l’agit-prop. Ses recettes ? Largement utilisées par les ONG. Deux livres les résument parfaitement. Celui de Patrick Farbiaz « Comment manipuler les médias : 101 recettes subversives » (Denoël, 1999) et « petit manuel de désobéissance civile » de Xavier Renou (Editions Sylepse, 2009). Tout y est. Nous aurons l’occasion d’y revenir. Audrey Chauve, journaliste au quotidien 20 minutes tout comme la très large majorité des journalistes traitant le sujet Seralini, subit la dialectique Seralinienne (ou en est complice).

L’interview de Seralini dans l’édition du 23 novembre 2011 de 20 minutes mérite le détour :

1- Seralini créé un néologisme : il met en cause le «scienti’fric ». Le terme est repris dès le chapeau de l’article. Le scienti’fric, ce sont les autres bien sûr. Pas lui.

2- Il créé un clivage et une opposition propice à la rédaction d’un article. Comment ? En dénonçant des lobbies (forcement « industriels ») et l’AFBV, un « organisme soupçonné d’être un groupe de pression anti-OGM »

3-Il se positionne comme indépendant. « Il mène des contre-expertises » sur les « OGM et les pesticides » (avec ça, comment ne serait-il pas sympathique ?)

4- Il a le soutien de personnalités engagées : Corinne Lapage, députée européenne… d’Europe écologie, ex-présidente du Criigen (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Généie Génétique)  et Michèle Rivasi, député…verte. Sans compter Christian Vélot membre du Criigen et de la fondation Sciences citoyennes.

Tous sont présentés comme courageux car ils  « se heurtent à « l’hostilité» de la majorité parlementaire » (je ne change pas un mot)!

Les associations qui soutiennent le pauvre chercheur et qui sont citées dans l’article ? Toutes des ONG écolos bien connues de notre lecteurs : Sciences citoyennes, Mieux prescrire ou encore Greenpeace et le WWF.

Bref, en multipliant les pétitions, les appels à soutien, les collectifs pro Seralini, les happenings et manifestations, Seralini occupe le terrain médiatique. Il applique à la lettre les méthodes des militants d’ONG.

Seralini se gargarise d’indépendance mais tous ses soutiens à l’appellation « indépendante » (Criigen, Sciences citoyennes…) sont des structures archi-militantes baignant dans le même marigot.

Et ça donne en titre de l’article  : « La recherche scientifique se bat pour son indépendance »…

C’est surtout le journalisme qui devrait se battre pour son indépendance !

Petite méditation sur l’indépendance des journalistes vue par les ONG :

« Si les propriétaires des médias sont nos adversaires, leurs employés, les journalistes, ne sont pas nécessairement tels . Ils sont le plus souvent de sensibilité humaniste que conservatrice  et ont ceci de commun avec les militants  et de différents de leur employeur qu’ils sont généralement mal payés et connaissent une grande précarité professionnelle. (…) N’avons-vous pas intérêt à aider les journalistes proches de nous à défendre une vision noble et donc indépendante de leur métier ? » (P87, Petit Manuel de Désobéissance civile).

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