Kempf, le naïf

On peut dire qu’Hervé Kempf, journaliste du Monde, est en grande forme en ce moment ! Après sa courageuse critique de l’action de Jean-Louis Borloo (qui intervient certes à l’occasion du troisième anniversaire du Grenelle de l’Environnement, mais plus encore à l’approche d’une possible nomination de notre super ministre de l’écologie à Matignon), revenons sur un article de notre ami Kempf sur le colloque « Business & Biodiversity » qui s’est tenu au Museum d’Histoire Naturelle il y a quelques jours, en écho au sommet de Nagoya.

Toujours ciblées par les ONGs vertes, les entreprises sont confrontées à un cruel dilemme. Soit acheter la paix environnementale en soutenant financièrement des ONGs, soit agir en faveur de l’environnement et être illico presto accusé de greenwashing.

Dans un article qui affiche la couleur dès son titre, « Business & destruction », Hervé Kempf dénonce le fait que « c’est du système financier que viendrait maintenant la solution : il faudrait donner un prix à la nature pour qu’on la respecte. (…) Cette approche, en vedette à Nagoya, est censée inciter les gouvernements et les agents économiques à comparer le coût d’un investissement à celui des « services » qu’il fait perdre. Elle prépare la généralisation de systèmes de compensation où une destruction, ici, serait balancée par une restauration ailleurs. » Pour Hervé Kempf, « la compensation est un permis de détruire ».

Mais quelle naïveté ! La taxe carbone, dont il reproche à Jean-Louis Borloo la disparation, n’est-elle pas basée sur un principe similaire ? Et le bonus-malus, dont il félicite Borloo pour la mise en œuvre, n’est-il pas lui aussi un permis de polluer ?

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. karg
  3. Laurent Berthod
  4. karg