Grenelle : vision d’échec

 

Le magazine Terra Eco vient de publier les résultats d’un sondage sur « les Français et la politique environnementale du gouvernement ». L’analyse de la journaliste Karine Le Loët est sans appel : « Trois ans après le lancement du Grenelle, les Français froncent les sourcils. La politique environnementale du gouvernement ? Peu satisfaisante. Le Pacte écologique ? Oublié. Vivement que Nicolas Hulot prenne les rênes du ministère, soupirent-ils. »

Mais un décryptage de l’article et du sondage s’impose. Ainsi, selon Terra Eco, « les Français sont 74% à considérer que le Grenelle de l’environnement est tout bonnement un échec. Même parmi les sympathisants de droite, seuls 37% osent saluer cette loi-mastodonte. (…) A 71%, ils estiment que le gouvernement n’a « plutôt pas » ou « pas du tout » respecté les engagements du texte signé en grande pompe par tous les candidats à la dernière présidentielle. » Quelle conclusion en tire Terra Eco : « en majorité, les Français sont déçus. Notamment parce qu’ils attendaient mieux de la signature du Pacte écologique. » Curieuse conclusion ! Si 71% des Français interrogés estiment que les engagements n’ont pas été tenus, rien n’indique qu’ils soutenaient ces engagements et rien ne permet donc de conclure à leur déception.

Autre aspect abordé par le sondage : les personnalités (pas toujours politiques) plébiscitées pour succéder à Jean-Louis Borloo à la tête du MEEDDM en cas de nomination à Matignon lors du prochain remaniement. Sans surprise pour un journal tel que Terra Eco, c’est Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand qui caracolent en tête, bien loin devant NKM, Corinne Lepage ou même Chantal Jouanno que l’on retrouve dans les profondeurs des choix des sondés. Des personnalités sans légitimité électorale car ne s’étant jamais aventuré au jeu du suffrage universel sont donc plébiscités…

Mais au-delà de l’analyse de Terra Eco, il est intéressant de noter que pour un Français sur quatre, le Grenelle est un échec. Faut-il y voir le poids de la désinformation des médias qui brouille les actions du Grenelle, en particulier dans le monde agricole ? Car pour les exploitants agricole, le Grenelle n’est pas qu’un mot mais une réalité synonyme de nouvelles contraintes réglementaires très (trop ?) exigeantes. Difficile dans ces conditions pour le monde agricole de ne pas regretter l’absence de perception par le grand public de son action en faveur de l’environnement !

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Commentaires
  1. gaston
  2. clavel
  3. rageous
  4. Laurent Berthod
  5. JG2433