Apiculture : vers l’apaisement ?

Si les relations entre certains acteurs de l’apiculture et de l’agriculture sont tendues depuis quelques années, c’est en raison de la polémique sur les pesticides qui a pris de l’ampleur lors de l’affaire du Gaucho et dur Régent. 10 ans plus tard, la situation a évolué. Les mortalités d’abeilles n’ont pas disparu malgré l’interdiction de ces produits et la communauté scientifique s’accorde aujourd’hui sur une origine multiple (dite multifactorielle) des mortalités du cheptel apicole.

Cela n’empêche pas certaines structures apicoles et/ou militante anti-pesticides de durcir leurs positions critiques vis à vis des pratiques agricoles. Opérations de communication sur les abeilles en ville, réalisation de documentaires pour la télé, la liste de leurs actions est longue. Sans oublier le lobbying parlementaire. C’est ainsi qu’au début de l’été, Dominique Perben a posé une question écrite au Ministre de l’Agriculture sur le lien entre utilisation de pesticides et mortalités d’abeilles. Et il ne mâche pas ses mots : « les apiculteurs pointent les responsabilités des insecticides systémiques neurotoxiques à l’origine de la mort anormale des abeilles ou de l’affaiblissement de ses défenses immunitaires. De nombreuses autorisations de mise sur le marché de produits phytosanitaires sont à l’origine de cette situation, comme le renouvellement de produits visant à enrober la semence de maïs, l’homologation de produits pulvérisés sur le colza, ou l’autorisation de produits pulvérisés sur les arbres fruitiers avant floraison. »

La réponse du Ministère de l’Agriculture publiée avant-hier au Journal Officiel a aussi le mérite d’être très claire : « Dans le cas de la préparation Cruiser trois cent cinquante la décision de mise sur le marché a été assortie d’un plan de surveillance destiné à accompagner les premières utilisations de ce produit d’un dispositif de détection des impacts qui lui sol spécifique et à une échelle qu’il n’est pas possible d’appréhender dans le cadre de la surveillance générale. À ce jour et après plusieurs années d’utilisation, aucun lien de cause à effet entre l’utilisation de ces produits et les mortalités observées n’a pu être démontré que ce soit par le plan de surveillance ou à travers le dispositif national de suivi des mortalités. »

Si donc pour le Ministère de l’Agriculture, le lien n’est pas démontré entre utilisation de pesticides et mortalités d’abeilles, il en va de même pour la justice. Selon l’AFP, « la cour d’appel de Toulouse a confirmé le non-lieu rendu le 30 janvier 2009 par une juge d’instruction de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) au bénéfice de Bayer et BASF dans l’affaire du pesticide Régent, accusé de provoquer une surmortalité des abeilles. » Bien entendu, l’innocence du Régent dans les mortalités d’abeilles est un singlant démenti apporté à la frange dure de l’apiculture, souvent amateurs (pardon pluri actifs comme ils disent), devenus de véritables militants anti pesticides. Il voit ainsi leur base d’argumentaire sévèrement mise en brèche par les pouvoirs publics et la justice. Mais qu’à cela ne tienne, la Confédération Paysanne a déjà annoncé qu’elle allait se pourvoir en cassation dans l’affaire du Régent. Histoire de continuer à exister dans le paysage médiatique ?

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Commentaires
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