Dictature de l’opinion

On parle actuellement beaucoup de la crise de confiance à l’égard du monde politique. La crise économique, les affaires Bettencourt-Woerth, les cigares de Christian Blanc…, je vous fais grâce des différentes explications avancées par les observateurs les plus avisés. Et si cette crise de confiance était due en fait à une schizophrénie ambiante. Concernant l’agriculture, les élus, lorsqu’ils sont en petit comité parlent sans état d’âme. Mais en public, quel changement ! Ainsi Henri Nairou, député PS de l’Ariège est pour les OGM. En privé, bien sûr. En public, il devient contre. PS oblige. Gérard BAPT, député PS de Haute-Garonne comprend les difficultés rencontrées par les producteurs sur la réglementation pesticides. Et il le dit aux agricutleurs. Toujours en petit comité. Mais il n’hésite pas ensuite à faire le jeu écologiste en s’affichant avec André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé, responsable de la Fondation des Sciences Citoyennes. Il se range derrière l’avis du PS qui dans le fond considère les agriculteurs comme des gens riches, de droite et qui se cessent de se plaindre. Il mène un petit jeu politique. Difficilement lisble comme disent les gens de la communication. Idem pour Henri Emmanuelli, élu de la 1ère circonsription de foie gras. Quelle différence entre son discours local lors de ses meetings et ses prises de position nationale en matière agricole. Vous me direz, « ils font tous de la politique ». C’est peut-être ça le problème de confiance. Comment donner du crédit à une personne qui change de position entre son discours « off » et ses discours officiels ?

Dans les ministères, ce n’est pas mieux. Les prises de position se font  à grand coup d’études d’opinion et à géométrie variable. Le meileur exemple est sans doute Jean-Louis Borloo. Sur son bureau, cinq corbeilles avec des piles d’études d’opinion. Aucune décision n’est prise sans avoir consulté les précieux sondages ! A Matignon et à l’Elysée, c’est la même chose.
Tous les jours, les sacros-saintes études d’opinion déferlent dans les ministères. Et des spécialistes viennent les commenter C’est ainsi que Pierre Giacometti (mais il y en a beaucoup d’autres), ancien directeur d’IPSOS, vient voir régulièrement Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale pour faire le point sur les tendances de l’opinion.

Pour retrouver la confiance des citoyens, un mot d’ordre : interdisez les études d’opinion !

email
Commentaires
  1. gigiotef
  2. René
  3. René
  4. MON810